Tous les articles par Linda Léveillée

Fuir ou accepter ?

Normalement, quand on écrit un article dans un journal, notre propos s’ajuste à l’actualité. Dans ce cas-ci, à la période des fêtes. Mais que voulez-vous, quand on s’appelle Linda Léveillée, on aime et on chérit notre liberté et notre autonomie, de même que notre petit côté marginal et notre élan créatif. Dans cette intention de demeurer fidèle à mon mouvement intérieur, l’article que je vous offre porte sur comment faire la paix avec nos blessures de vie et vivre nos souffrances avec plus de conscience.

Tous les êtres humains de la planète recherchent le bonheur et veulent éviter la souffrance. C’est d’ailleurs un des principes fondamentaux du bouddhisme. L’ensemble des grands courants spirituels vont aussi dans ce sens. On se sent tellement mieux quand notre existence baigne dans l’harmonie, l’amour et la joie. Et l’on souhaite tellement s’éviter d’avoir à affronter les problèmes et les lourdeurs de la vie. MAIS, et mon mais est important, la vie, la vraie vie est souvent bien différente des romans-fleuves qui nous laissent croire qu’ils vécurent heureux et eurent de nombreux enfants.

Comme le disait Scott Peck dans son célèbre volume : Le chemin le moins fréquenté, il faut composer avec cette vérité fondamentale que la vie est difficile. En quoi cette compréhension que la vie est difficile nous aide-t-elle à mieux vivre notre vie ? C’est que la prise en compte de cette réalité nous permet d’être davantage dans l’acceptation et l’accueil de ce qui est plutôt que de s’emmurer dans la résistance et le déni.

Le paradoxe avec nos blessures de vie et les souffrances qu’elles engendrent, c’est que plus on les nie et qu’on les fuit, plus elles font du ravage dans nos vies. Un ravage qui, dans un premier temps, se loge dans l’inconscient. En fuyant notre souffrance, on pense qu’on va aller mieux et que cela va nous aider à être plus heureux. Mais mon expérience comme thérapeute en relation d’aide me dit que c’est tout le contraire qui se produit. En apparence on a acheté la paix, mais juste en apparence. Si c’est tranquille à la surface de notre vie, ce que l’on a ravalé, nié ou fui se retrouve pris à l’intérieur de nous. Si vous me permettez l’image, c’est comme si on avalait de la pourriture, du poison. Qu’est-ce que ça fait par en dedans ? Ça contamine, ça rend malade, ça détruit.

Voici quelques-unes des conséquences quand on se coupe de nos blessures et de notre souffrance.
*On perd le contact avec une partie importante de son vécu. On se sent séparé et non plus unifié. On se prive ainsi d’avoir accès à sa pleine humanité. À la plénitude de son être. Ce chemin de fuite conduit souvent à une déconnexion spirituelle.
*On consacre une partie de son énergie à contenir ce que l’on a refoulé. Ce qui a pour conséquence de nous faire perdre une part importante de notre vitalité. De là vient fréquemment une fatigue chronique qui nous gruge et dont on ignore la provenance.
*On tend à adopter un comportement de protection et défensif. Dans nos relations, on peut facilement se sentir attaqué, ce qui nous amène à développer une position de contre-attaque.
*On développe une personnalité de survie, où c’est notre ego plutôt que notre âme qui dirige notre vie.
*On compense dans la consommation, le matérialisme et survalorisation de l’image. On risque aussi de sombrer dans les mécanismes de fuite (boisson, drogue, nourriture, passions excessives, comportements compulsifs, etc.)
*On perd partielle le contact avec la réalité, car on a balayé une partie de son vécu dans l’inconscient. Ce qui entraîne également une perte de connexion avec son authenticité et son expérience intime.

Même si cela demande beaucoup de courage, de volonté et de travail en profondeur sur soi, on a tous les avantages du monde à accueillir et à intégrer sa souffrance plutôt que de la nier et de la ravaler. «Ce que l’on fuit nous poursuit. Ce à quoi on fait face, s’efface».

Cette acceptation permet de passer de la peur à la confiance. De la fermeture à l’ouverture. Cette ouverture à ce qui est procure une plus grande sensation d’être vivant, de même qu’une vie plus gratifiante et un OUI au mystère de notre existence. On passe d’un état de victime à celui de créateur de sa vie. L’acceptation de sa souffrance avec conscience permet de quitter la prison de ses peurs pour récupérer son pouvoir sur sa vie et réaffirmer sa liberté d’exister. Ce qu’on y gagne de plus beau, c’est de vivre dans l’intimité aimante de son être, sans jugement sur ce qui est. Et le plus merveilleux de l’histoire, c’est que plus on est en paix avec soi-même, plus on est en paix avec les autres.

Question de ne pas être trop délinquante, si je reviens sur la thématique de Noël, quel beau cadeau à s’offrir et à offrir aux personnes avec qui nous partageons notre intimité, d’accepter la vie telle qu’elle est, avec ses vagues et ses heurts inhérents, dans une énergie de bienveillance et de conscience !

Linda Léveillée

La vie qui respire et qui bat

Quoi de mieux à l’approche de Pâques que de parler de la vie. De la vie que l’on porte en nous, au plus profond de notre cœur et de notre être. De celle qui est là comme une amie fidèle, toujours disponible et généreuse.

Comme entrée en matière, je vous propose un petit exercice tout simple. Celui d’écouter votre cœur. De vous arrêter quelques instants pour entendre ses battements. Je vous invite à déposer votre précieux journal temporairement juste pour prendre le temps d’écouter votre cœur. Oui, je sais, quand on prend son journal, c’est pour le lire et non pas pour le mettre de côté parce que l’auteure demande de faire un petit exercice de découverte. À vous de décider ce que vous voulez faire, mais j’ose quand même vous inviter à nouveau à prendre le temps de vous arrêter pour écouter votre cœur battre.

Ces battements de notre cœur font circuler la vie en nous. Sans que l’on ait besoin d’y investir notre volonté, notre cœur est là, bien en poste, fidèle et fiable partenaire de notre existence. Nos battements de cœur créent le mouvement, la vibration, la circulation dans toutes nos cellules. Chaque battement nous régénère, nous vitalise, nous maintient bien en vie. Notre cœur nourrit la vie en abondance en nous. Notre corps est ainsi en écho à cette interpellation christique : Je suis venu pour que vous ayez la vie et que vous l’ayez en abondance. Vraiment fascinant de réaliser qu’à chaque seconde, notre cœur est un moteur de production de vie en abondance. Quel beau cadeau !

Mais ce n’est pas tout, il n’y a pas que notre cœur qui fait de nous des êtres infiniment précieux parce que nous sommes VIVANTS ! Il y a aussi notre respiration qui contribue à ce miracle inouï de la vie. Bon, tant qu’à vous avoir dérangé une première fois au début de votre lecture pour écouter votre cœur, j’ose vous déranger à nouveau, mais cette fois-ci pour porter votre attention sur votre respiration. Oui, oui, je le sais, j’ai un côté « détestable » mais je m’assume. Prenez 2-3 minutes pour centrer votre attention sur votre respiration. Laissez-vous bercer par votre respiration, avec douceur et tendresse, dans un beau mouvement d’intimité avec vous-même.

Deuxième miracle dont je suis l’héritier-ère, la vie respire en moi. Et ça respire au-delà de ma volonté. Notre corps est génétiquement programmé pour maintenir la vie en nous. Nos battements de cœur et nos respirations sont nos plus grands repères de vie. Prendre le temps de s’y arrêter permet de BÉNIR et d’HONORER la VIE qui nous habite. De la vivre en pleine conscience. D’ajouter notre présence bienveillante à cette présence qui est là. De nous relier à cette force de vie exceptionnelle qui nous appartient à 100%. Juste à soi, en soi, pour soi ! Personne ne peut nous la ravir. Même dans nos périodes les plus difficiles et les plus souffrantes, cette vie est toujours là en abondance dans notre être. Prendre le temps de la contacter nous permet de nous y déposer et de nous ressourcer. D’être juste là avec Soi, dans la plénitude de la vie qui nous est offerte à chaque instant. C’est un peu cela la méditation, ne rien faire et se sentir plein, complet, entier. Se connecter à la plénitude de la vie qui nous habite est le meilleur antidote pour contrer le sentiment de solitude. Je ne suis pas seul-e. Et en plongeant encore plus profondément dans la force de la vie qui bat et qui respire en Soi, on peut faire l’expérience que dans son souffle, il y a un souffle qui est plus grand que Soi. Un souffle Divin qui nous berce et nous enveloppe d’amour. Sublime au cube de faire UN avec ce souffle Créateur ! L’ultime quête spirituelle !

P.S : Si vous n’avez pas encore fait les exercices d’écouter votre cœur et votre respiration, je vous invite à le faire à la fin de votre lecture, car vraiment c’est très agréable et ça goûte bon. En plus, c’est toujours disponible, ça ne prend pas de temps, ça fait beaucoup de bien et ça ne coûte rien !

Pour ajouter à votre plaisir de sentir la vie qui respire et qui bat en vous, je vous propose quelques éléments sur une technique de respiration qui est exceptionnellement efficace : la cohérence cardiaque. Cette respiration lente et profonde permet d’harmoniser le système sympathique (l’accélérateur) et le parasympathique (le frein) afin de nous aider à mieux gérer le stress dans nos vies et à rééquilibrer notre système nerveux. La technique consiste essentiellement à sentir que nous respirons à travers le cœur, comme si nous le bercions lentement et ce, à un rythme très précis. Six respirations et six expirations à la minute. Pour être plus efficace, la technique doit être pratiquée trois fois par jour, cinq minutes à la fois. C’est David Servan-Schreiber qui a davantage fait connaître cette technique en Amérique dans son volume d’une pertinence à « couper le souffle » : Guérir le stress, l’anxiété et la dépression sans médicament ni psychanalyse. Si vous voulez en connaître davantage sur la cohérence cardiaque, vous trouverez sur le Web de multiples informations. Cela vaut vraiment la peine de la pratiquer pendant plusieurs semaines pour en savourer les effets bénéfiques.

Quel cadeau précieux nous avons reçu à notre naissance, la vie qui respire et qui bat en nous ! S’y arrêter permet d’être davantage conscients de la beauté et de la grandeur de la vie qui nous habite et par le fait même de mieux habiter notre vie. Je vous souhaite de vivre le plus souvent possible ce coup de cœur d’amour avec vous-même. En plus, on n’en vend pas de cela chez Wall Mart mais vous, vous en fabriquez à chaque seconde ! Alors, profitez-en !

Linda Léveillée

La grâce en action ?

D’entrée de jeu, je vous partage une confession, oui, j’ai vraiment un parti pris pour l’Action de Grâces. En fait, de toutes les fêtes qui s’offrent à nous durant l’année, c’est ma préférée. La raison est fort simple, c’est, à mon avis, la seule fête qui n’est pas contaminée par la consommation. Il n’y a rien à acheter à l’Action de Grâces. WallMart n’en tire aucun profit. C’est une fête qui est demeurée pure et authentique. Je vous invite donc à redécouvrir l’Action de Grâces sous un regard neuf afin de redonner à cette fête tout son sens et sa valeur.

À l’origine, l’Action de Grâces est la fête des récoltes. Autrefois, les femmes et les hommes avaient une grande conscience que leur vie dépendait de la nature, des conditions météorologiques, de la fécondité de la terre. Cette conscience aiguë de leur dépendance vis-à-vis de la terre les a conduits à développer un lien très proche et respectueux de la nature. La terre est sacrée, on en prend bien soin et on la remercie en célébrant sa moisson et son abondance.

Aujourd’hui, on a perdu un peu de ce lien sacré à la terre. Et on sait à quel point cette perte de conscience de notre interdépendance à la nature a des conséquences environnementales tragiques. Tout est tellement technologiquement possible aujourd’hui, qu’on s’est un peu dénaturé. À la limite, on peut presque vivre dans l’illusion que nos fruits et nos légumes proviennent des supermarchés et que nous les humains nous sommes investis de la toute-puissance où tout nous est possible.

Et si l’on prenait une distance par rapport à cette dérive pour revenir à l’essentiel, pour redécouvrir autrement le sens de cette fête des remerciements et du lien sacré à la vie. Pourquoi ne pas profiter de l’Action de Grâces comme une occasion précieuse pour entrer dans l’énergie de la gratitude et de l’émerveillement. Et tant qu’à faire, en profiter aussi pour mettre un STOP à notre « chialage » habituel et à la place s’arrêter pour voir tout ce qu’il y a de beau et de bon dans notre vie.

Pour entrer dans cette belle énergie de gratitude et de célébration, je vous propose un petit rituel tout simple. Vous pouvez le faire seul-e, en famille ou entre amis-ies. Vous aurez besoin comme matériel d’une boîte d’œuf vide, de 12 bandelettes de papier d’environ 3/15 cm et d’un carton coloré plus ou moins la grandeur de la boîte d’œuf. Puis, vous prenez le temps de vous accorder un beau moment de présence à vous-même, dans l’intimité de votre être (méditation, recueillement, centration). Dans cet espace privilégié d’accueil de ce qui vous habite, vous laissez émerger 12 raisons que vous avez présentement dans votre vie de rendre grâce. Lorsque vous, vous sentez prêts, écrivez sur les bandelettes vos 12 raisons de rendre grâce. Vous collez ensuite chacune de bandelettes en rond de façon à imiter la forme d’un œuf et vous les déposez amoureusement dans votre « boîte à gratitude ». Pour compléter votre fantaisie hautement thérapeutique, je vous invite à écrire sur le grand carton, que vous allez coller sur votre boîte d’œuf, le thème du rituel que vous venez de vivre ( ex. mes 12 raisons de rendre grâce, je repars en neuf, merci la vie, mes gratitudes 2012, etc ). Si l’opération bricolage ne vous fait pas vibrer, vous pouvez le faire dans votre journal ou le secret de votre cœur. L’important, c’est d’entrer dans l’énergie de la gratitude.

Le verre d’eau ne sera plus à moitié vide, mais devient à moitié plein sous notre regard engagé vers le positif. Car il faut bien se l’avouer, ce ne sont pas les évènements en soit qui font que nous sommes heureux ou malheureux, mais bien plutôt ce que l’on fait avec. C’est notre attitude qui fait toute la différence. Plus je choisis d’entrer dans l’énergie de la gratitude et de l’action de grâces, plus j’apprécie la vie et je la trouve belle. J’entre ainsi dans un cercle vertueux où j’attire ce que je dégage. Vous voulez vous convaincre du pouvoir transformateur de la gratitude, faites-en l’expérience. Pendant une semaine, engagez-vous délibérément, avec beaucoup de discipline et de volonté, à ce que toutes vos paroles, vos pensées et vos actions soient dans le positif et la reconnaissance et vous serez en mesure d’apprécier l’énorme différence que cela fait dans votre énergie intérieure.

Que l’Action de Grâces devienne une fête où la grâce qui nous habite soit en action.

LindaLéveillée

Le voyage intérieur

Vive l’été ! Vive les vacances ! Vive les voyages ! Vive la vie quand son rythme devient plus lent, plus zen, en fait, simplement un peu plus humain ! En cette période estivale, où la vie s’offre à nous davantage sous l’angle du plaisir et de la détente, je vous propose une réflexion sur une façon alternative de voyager. Un voyage qui n’est pas tant géographique, mais plutôt une quête vers soi-même. Un voyage intérieur.

Dans notre quotidien, il est facile de se perdre de vue. Tout va trop vite. On est trop souvent à la course pour assumer la charge de toutes nos responsabilités. La liste des choses à faire est interminable. C’est un des prix à payer de notre fameuse société de consommation : son rythme accéléré.

J’ai lu, il y a quelques années, dans l’introduction d’un volume de psychologie spirituelle, une phrase qui m’a marquée : On est pressé de vivre. Je me suis tellement retrouvée dans cette constatation. On court, on court, mais après quoi au juste ? Trop rares sont nos moments pour juste être et nous déposer dans l’instant présent.

Dans cette grande effervescence, et je dirais même étourdissement, dans laquelle on se sent parfois pris, il devient impératif et essentiel de s’accorder des moments pour se retrouver dans l’intimité de son être et habiter sa vie. Pour recréer le lien de complicité avec ce qui est vivant et ce qui vibre au plus profond de nous. Sinon, notre quotidien surchargé risque de nous voler ce qu’il y a de plus précieux : le lien avec notre âme et le sens de notre présence sur la terre. Et sans ce contact intime avec notre beauté intérieure, nos vies deviennent bien insipides et stériles, car elles se déroulent dans l’inconscience et l’automatisme. Nous devenons socialement conformes, mais spirituellement vides.

Ainsi, pour que vos vies baignent dans une belle présence aimante à soi-même, il nous faut à l’occasion quitter notre rythme accaparant du quotidien et nous offrir un voyage intérieur en solitaire. Un moment juste à soi, pour soi. Avec comme seule intention de se retrouver dans l’intime de son être. Les formes de cette solitude aimante et consciente peuvent être très variées, selon nos besoins et nos goûts. Balade en montagne, retraite de yoga ou de méditation, ermitage en silence, fin de semaine dans un endroit qui nous inspire, un voyage en solitaire, … L’important c’est de vivre ce voyage intérieur, peu importe sa destination, sa durée et sa forme, comme un moment privilégié de connexion à ce qu’il y a de plus beau et de plus grand en soi. Car, après tout, la seule personne avec qui nous allons passer toute notre vie, c’est nous-mêmes. Dans cette perspective, cela vaut la peine d’investir sur soi, car le voyage terrestre est plutôt long.

Au moment où j’écris cet article, je suis partie pour 10 semaines en Alaska : 6 semaines en solitaire dans un beau rendez-vous avec moi-même et 4 semaines avec mon amoureux. Ma vie a connu son lot d’épreuves et de défis dans les dernières années et j’avais un immense besoin de me retrouver. De recréer avec moi un lien de complicité bienveillante. De me rechoisir. De prendre soin de moi. De guérir. De faire la paix. De pardonner. En fait, de redonner du Souffle et de la Liberté à JE SUIS. Avant mon départ, au début de juin, je répétais à mon entourage ( qui me trouvait bien particulière de partir si longtemps et si loin seule ) que je partais en retraite intérieure. En pèlerinage avec moi-même. Que j’avais un urgent besoin de m’investir dans ma quête de sens et d’amour.

Je vous souhaite sincèrement d’oser ce voyage intérieur, peu importe la forme que vous lui donnerez. Les retrouvailles avec soi-même sont un vrai délice, car elles nous permettent de nous remémorer pourquoi on est venu sur la terre. Bon rendez-vous avec vous-même.

Linda Léveillée

Je pense, donc je suis ou je suis ce que je pense

Je vous avais déjà dit que je suis allergique aux quétaineries. Toutes les sortes de quétaineries. J’ai beaucoup de difficulté avec tout ce qui est superficiel et artificiel. En fait, avec tout ce qui sonne faux. Genre les messages préfabriqués qui circulent sur Internet ou les petites phrases clichés qu’on glane par-ci par-là et qui ne veulent rien dire.

Il y a quelques mois, en allant chez une amie qui m’a rendu un grand service, j’ai lu sur son mur un de ces genres de petits textes qui déclenche normalement mon allergie aux quétaineries, mais cette fois-là, j’ai été séduite. Vraiment séduite. Au point d’en faire le sujet de cet article.
Voici ce texte qui a interpellé mon cœur, puis mon esprit et qui a fait vibrer mon âme tellement les vérités qui y sont énoncées sont fondamentales et irréfutables.
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Prends soin de ta pensée parce qu’elle deviendra des MOTS.
Prends soin de tes mots parce qu’ils deviendront des ACTIONS.
Prends soin de tes actions parce qu’elles deviendront des HABITUDES.
Prends soin de tes habitudes parce qu’elles deviendront ton CARACTÈRE.
Prends soin de ton caractère parce qu’il formera ton DESTIN.
ET TON DESTIN SERA TA VIE.

Stop. Avant de continuer à lire l’article, qui ne se veut qu’une frileuse réflexion sur cette affirmation fondamentale, relisez l’encadré bien lentement, en respirant tout doucement et laissez chacune des 6 phrases vous séduire et vous révéler sa vérité.

Quelle façon élégante et percutante de se faire dire qu’on est responsable de créer notre malheur ou notre bonheur ! Je suis certaine qu’on est tous d’accord avec cette affirmation, tellement elle est pleine de gros bon sens. Par contre, la mettre en pratique dans le quotidien de nos vies, c’est toute une autre histoire. Trop facilement on tombe dans la victimisation, les accusations, les justifications et les éternels «sta cause de …». On se laisse facilement tomber dans le piège de se comporter en victime et de subir ce qui nous arrive. C’est bien plus facile d’accuser les autres de ce qui nous arrive que de tourner notre regard vers nous-mêmes. Vous connaissez peut-être cet adage qui dit que lorsqu’on accuse les autres en les pointant du doigt, il y en a trois qui pointent vers nous ?

Cela veut dire quoi de tourner son regard vers soi ? C’est d’abord de regarder avec honnêteté et bienveillance ce qui m’appartient. C’est prendre conscience de la loi de l’attraction. C’est-à-dire que, dans la vie, je récolte ce que je sème. Autrement dit, ce sur quoi je porte mon attention se manifeste. J’attire ce que je dégage. Mes vibrations, négatives ou positives, créent la réalité. Quand nous prenons profondément conscience de cette vérité fondamentale de la loi de l’attraction qui révèle que l’on récolte ce que l’on sème, cela transforme complètement nos manières d’agir et d’être. L’extérieur ne devient plus une menace, mais un miroir de mon intérieur. On passe alors du rôle d’être spectateur de vos vies à celui d’en être pleinement acteurs. On quitte l’attitude de la victimisation pour assumer nos choix et nos responsabilités.

Le fameux livre LE SECRET, qui a connu un succès fulgurant il y a une dizaine d’années, portait cette même affirmation fondamentale de la loi de l’attraction. Le secret, c’est de travailler sur nos pensées et nos émotions afin de transformer la réalité. Notre réalité. Le secret, c’est de prendre la pleine conscience que je suis créateur, créatrice de mon existence. Malheureusement, la tonalité autour du livre LE SECRET était, à mon avis, trop marqué par la culture américaine dans ses excès et son matérialisme à outrance et pas assez inscrite dans une perspective spirituelle. L’intuition était bonne, mais contaminée par le capitalisme. On misait plus sur l’avoir que sur l’être.

Le secret, comme le dit l’affirmation dans l’encadré, c’est de porter mon attention sur mes pensées, car elles deviendront mes mots, puis mes actions, puis mes habitudes, puis mon caractère, puis le destin de ma vie. En fait, si je veux vivre ma vie dans sa pleine mesure, je dois à l’occasion me transformer en archéologue de mon propre monde intérieur et partir à la recherche de mes vestiges cachés. Je m’explique. Nous avons tous eu au cours de notre vie (particulièrement durant notre enfance) des blessures, petites ou grandes, qui nous ont marqués. Pour nous protéger de nos blessures, nous en avons tiré des conclusions. Conclusions qui se sont cristallisées au fil du temps en croyances.

C’est ici que notre travail d’archéologue prend toute son importance, car la grande majorité des croyances qui dirigent notre vie sont fondées sur l’évitement de la souffrance reliée à nos blessures. Nos croyances nous servent de mécanismes de survie. On les a adoptées inconsciemment pour se protéger de ce qui nous faisait trop mal. Si, par exemple, je suis convaincue que la vie est injuste et qu’il ne m’arrivera rien de bon, ou que je ne mérite pas d’être aimée ou encore que les autres ont plus de valeur que moi, dans mon travail d’excavation intérieure, je dois aller en profondeur rejoindre la racine de ces croyances, que je qualifierais d’irrationnelles et d’erronées, pour me poser la question suivante: qu’est-ce qui se cache derrière ces croyances malsaines ? Je risque bien, si mes talents d’archéologue sont bien affutés, de toucher à une ou des blessures primitives d’amour, de rejet, de trahison, d’injustice ou d’abandon. Et le fait de déterrer de vieilles blessures enfouies me permet de mieux comprendre certaines de mes manières d’agir ou de réagir dans ma réalité d’adulte d’aujourd’hui, qui sont inadéquates ou disproportionnées. Si je veux donc transformer mes croyances malsaines en croyances libératrices, je dois prendre soin de mon enfant intérieur avec bienveillance pour l’aider à guérir de ses traumatismes. Ce travail archéologique de restauration me permet de retrouver mon pouvoir sur ma vie et ma liberté d’exister dans le meilleur de mon être. Et de m’offrir ainsi un destin merveilleux !

Si le philosophe Descartes affirmait en 1641, avec toute sa rationalité : JE PENSE, DONC JE SUIS, je crois qu’aujourd’hui notre quête spirituelle comme humanité nous fait plutôt affirmer avec conscience : JE SUIS CE QUE JE PENSE. Alors, si je veux que mon JE SUIS soit d’une grande qualité et que mon J’EXISTE soit lumineux, je dois porter attention à mes paroles, mes gestes, mes attitudes, et mes croyances pour que ma vie vibre de bonheur et d’amour et qu’elle soit le reflet de la beauté et de la grandeur de mon âme ! C’est cela mon destin !

Linda Léveillée

Offrir la bienveillance en cadeau

La période des fêtes est certainement un des temps privilégiés dans l’année où nos cœurs vibrent au don, où nos mains s’ouvrent à la générosité face à l’autre, que cet autre soit un proche ou un inconnu. En cette période de surabondance, nous ressentons l’élan d’en faire déborder un peu sur les gens autour de nous. Et tant mieux qu’il en soit ainsi, cela nous permet de garder vivante notre humanité et notre solidarité face à l’être humain.
Par contre, question de faire un petit pas de plus dans ce beau mouvement d’ouverture, je vous propose une version alternative, et plus spirituelle, à cette générosité de cadeaux et de dons matériels.

Voici d’abord une histoire inspirante qui va vous conduire vers une autre vision.

Quelqu’un vient un jour trouver un grand philosophe et lui dit :

Sais-tu ce que je viens d’apprendre sur ton ami ?
Un instant répond le philosophe. Avant que tu me racontes, j’aimerais te faire passer un test, celui des 3 passoires.

Les 3 passoires ?
Mais oui, reprit le philosophe. Avant de me raconter toutes sortes de choses sur les autres, il est bon de prendre le temps de filtrer ce que l’on aimerait dire.

C’est ce que j’appelle le test des 3 passoires.

LA PREMIÈRE PASSOIRE EST CELLE DE LA VÉRITÉ.
As-tu vérifié si ce que tu me dis est vrai ?
Non. J’en ai simplement entendu parler …
Très bien. Tu ne sais donc pas si c’est la vérité.
Essayons de filtrer autrement en utilisant une deuxième passoire.

LA DEUXIÈME PASSOIRE EST CELLE DE LA BONTÉ.
Ce que tu veux m’apprendre sur mon ami, est-ce que c’est quelque chose de bon ?
Ah non ! Au contraire.
Donc, continua le philosophe, tu veux me raconter des choses méchantes sur mon ami et tu n’es même pas certain si elles sont vraies.
Voyons si tu vas réussir le test, car il reste une dernière passoire.

LA TROISIÈME PASSOIRE EST CELLE DE L’UTILITÉ.
Est-il utile que tu m’apprennes ce que mon ami aurait fait ?
Non. Pas vraiment.
Alors, conclut le philosophe, si ce que tu as à me raconter n’est ni vrai, ni bien, ni utile, pourquoi vouloir me le dire quand même ?

Je me souviens que la première fois que j’ai lu cette histoire, j’ai été séduite. Séduite par sa simplicité, mais aussi par son caractère radical, presque lapidaire. Le message est très clair. Si ce que tu as à dire sur les autres ne vient pas de ton cœur et n’est pas empreint d’une grande bonté, ferme là. Ici, le silence est un acte d’amour. Tout comme le proverbe selon lequel il faut tourner sa langue 7 fois dans sa bouche avant de parler. Cette rotation linguale est aussi un préliminaire à l’amour.
L’intention de cette nécessaire introspection est de prendre conscience du poids de nos paroles. Celles-ci peuvent être autant nourrissantes que dévalorisantes, constructives que destructrices. Porteuses de vie ou génératrices de mort. Je sais que j’y vais fort lorsque j’ose dire que nos paroles peuvent amener la mort, mais il en va ainsi de tous nos jugements, ceux qui sont exprimés ouvertement et même ceux qui restent dans le non-dit, car ils se ressentent tout autant et font aussi mal. Le regard assassine autant que les mots.
Il faut travailler très fort sur soi-même pour résister à cette tentation, oh combien tentante, de critiquer et d’étiqueter l’autre qui est différent de nous, de le juger parce qu’il ne pense pas et n’agit pas comme nous. Faut-il bien se le redire, en général, on juge les autres en proportion de comment on se juge soi-même. Dit autrement, plus notre regard sur nous-mêmes devient bienveillant et tendre, plus nous sommes capables d’offrir aux personnes qui nous entourent ce même regard de douceur et de bonté. C’est là, me semble-t-il, une de nos plus grandes raisons d’exister comme êtres humains : devenir des êtres plus aimants, empreints d’une grande compassion face à nous-mêmes et à tous nos semblables.

Comment diminuer considérablement et, ultimement, mettre fin à cette tentation malsaine (tant pour soi que pour les autres) qui nous amène trop souvent à critiquer et juger ? Un moyen aidant pour y parvenir, c’est de prendre le temps de se mettre dans la peau de l’autre. Quand on fait cet effort, cela nous permet de mieux voir et de mieux comprendre le point de vue de l’autre, ce qui a pour avantage de faire fondre nos préjugés comme de la glace au soleil. Un autre truc est d’appliquer la maxime populaire qui dit de ne pas faire aux autres ce que l’on ne voudrait pas qu’on nous fasse. Car, il ne faut surtout pas perdre de vue que le besoin le plus fondamental de l’être humain c’est d’être vu entendu, reconnu, apprécié et aimé. On carbure à l’affectif ! On se nourrit de reconnaissance. Satisfaire ce besoin viscéral est bon tant pour soi-même que pour les autres. C’est ce que l’Évangile nous rappelle d’une façon très simple : Ne juge pas et tu ne seras pas jugé. Ce n’est pas d’hier que l’être humain est appelé à une élévation de son ÊTRE qui le propulse vers le haut et non pas vers le bas. Vers l’amour et non pas vers la condamnation. Vers l’union et non pas vers la séparation.
Et si, en cette période des fêtes, j’offrais en cadeau ma bonté de cœur et mon regard de bienveillance sur les gens qui m’entourent ? Et si je choisissais, avec conscience, que les mots qui sortent de ma bouche soient empreints de tendresse et d’un grand souci de prendre soin des autres ? C’est peut-être cela la Bonne Nouvelle qui nous a été annoncée et qui continue encore d’être vivante aujourd’hui : OFFRIR EN CADEAU LA BIENVEILLANCE !

Linda Léveillée

Mon amie Denise

Je connais Denise depuis plus de 25 ans. Nous avons fait nos études universitaires en psychologie ensemble. C’est là que nous nous sommes rencontrées. Au fil de toutes ces années d’amitié, notre relation est demeurée bien vivante et nourrissante. J’aime beaucoup Denise. J’apprécie chez elle son pétillement de vie, sa légendaire créativité, la qualité de son être et plein d’autres belles facettes d’elle.

Il y a environ quatre mois, elle m’appelle pour me dire qu’elle va se séparer et que cela risque de causer chez elle un grand tremblement de terre. Anticipant les vagues que la séparation risque de déclencher, elle prend l’initiative d’appeler quelques-unes de ses amies pour la soutenir en cas de détresse. La connaissant, je suis touchée de sa demande. Je la félicite de prendre soin d’elle d’une façon aussi bienveillante. Je suis honorée de la confiance qu’elle me témoigne et je la rassure que je serai là pour elle si elle en a besoin. Pour toutes les fois où c’est elle qui m’a portée dans mes moments de dérapage depuis les 25 dernières années, c’est la moindre des choses que ce soit à mon tour de lui rendre la pareille.

Je m’attendais, dans les semaines suivant sa demande, d’avoir des petits appels à l’aide de sa part. Mais non. Évidemment, je prends l’initiative de l’appeler à quelques reprises pour prendre de ses nouvelles. Malgré quelques vagues de mal à l’âme, elle semble bien s’en tirer. Aussi, les mois passent sans que Denise fasse appel à mes services de soutien en cas d’urgence émotionnelle.

Toutefois, un certain samedi soir où je suis en train d’écouter les nouvelles à la télé avec mon chum, le téléphone sonne et c’est mon amie Denise. Linda, j’ai besoin de toi, je me sens en détresse. Discrètement, je fais un petit signe à mon chum que je vais descendre dans mon bureau pour parler au téléphone. Denise frappe un mur cette fin de semaine-là. La solitude lui pèse lourd. Elle se débat avec le vide, le manque. Ses émotions sont à fleur de peau. Je la sens très fragile. Cela fait quelques années que Denise sait qu’elle doit mettre fin à sa relation de couple qui est devenue de moins en moins nourrissante. Elle n’en a pas eu le courage jusqu’à présent, car le face-à-face avec elle-même l’effraie. Un face-à-face qu’elle est maintenant obligée d’affronter même si cela fait mal et lui donne un peu le vertige d’exister.

Je l’écoute avec grande attention me partager comment sa solitude lui pèse lourd et ce qui fait mal en dedans d’elle. Après un certain temps, je lui confie : Denise, cela fait des mois que j’attends ce téléphone de détresse. Elle est surprise de ma réaction. Oui, Denise, c’est normal d’avoir mal quand on se sépare, de se sentir fragile et démunie. J’ose même lui dire que je la trouve très belle de me partager avec authenticité toute sa souffrance. Tu me fais un beau cadeau Denise d’enlever ton masque de femme forte et de te déposer avec moi dans toute ta fragilité. C’est une Denise pleine d’humanité qui se révèle à moi ce soir au téléphone. Cela te permet d’être encore plus entière en te donnant accès à la partie d’ombre qui t’habite.

Je lui répète que je suis honorée qu’elle me fasse le privilège de se laisser voir dans son humanité fragile et blessée. Que c’est en acceptant ce qu’elle vit plutôt que d’y résister qu’elle s’ouvre à la possibilité de grandir et de guérir. En exprimant ces paroles, je sens Denise se détendre et s’apaiser. Elle comprend mieux toute l’importance de s’accueillir avec bienveillance dans cette partie « wouach caca » qu’elle porte en elle. Cela fait partie de qui elle est. Y résister ne fait qu’augmenter la douleur. L’accueillir permet de la transformer.

À la fin de notre conversation, Denise me remercie pour mon temps et mon écoute. Mais Denise, c’est surtout à toi que tu dois dire un GROS MERCI. Un gros merci d’avoir demandé de l’aide et d’oser te reconnaître vulnérable et démunie. C’est à toi que tu dois dire merci de te donner accès à un aspect important de ton humanité. Cela fait de toi une femme plus entière … et à mes yeux, encore plus attachante. Je termine en lui disant : Tu sais Denise, je t’ai toujours beaucoup appréciée et ce soir je me sens encore plus proche et plus aimante de toi parce que tu m’as fait le cadeau de me donner accès à ce qu’il y a de fragile et d’écorché en toi. Merci Denise d’être 100% toi-même, sans avoir rien à prouver ni rien à cacher.

Quelques jours plus tard, elle me rappelle pour me dire qu’elle allait beaucoup mieux, car elle avait pris le chemin de s’accueillir avec amour dans tous les aspects de son humanité !

P.S : Denise est vraiment une amie et c’est une vraie histoire. Elle a approuvé tant l’idée que le contenu de cet article. Je veux juste vous rassurer, si vous venez me consulter comme professionnelle de la relation d’aide, je ne vais pas raconter votre histoire dans le journal. Je travaille avec une éthique de totale confidentialité.

Linda Léveillée

L’orgasme…spirituel

Mes amies ont bien ri de moi lorsque je leur ai appris que j’allais écrire un article sur l’orgasme spirituel. «  C’est bien toi ça Linda. On n’est pas trop surprises. Depuis qu’on te connaît, tu nous parles régulièrement de tes orgasmes spirituels ». Alors, en cette période estivale, laissez-moi vous partager ma conception, à la fois légère et profonde, de l’orgasme spirituel. Sans entrer dans une définition intellectuelle pointue, je me permets de définir rapidement les 2 termes en question. Je qualifierais l’orgasme de plaisir intense et le spirituel de connexion à son être intime, au divin en Soi et autour de soi. Ainsi, l’orgasme spirituel, selon ma définition bien personnelle et totalement subjective, c’est de vivre une intensité de bonheur au plus profond de son être. C’est faire vibrer son âme. L’orgasme spirituel, c’est se laisser aller à vivre des moments de vie intense, de les reconnaître, de les goûter et d’en jouir profondément.

Je l’avoue, c’est un peu fantaisiste et inattendu de la part d’une théologienne de parler d’orgasmes spirituels, mais si on prend le temps de s’y arrêter, c’est un sujet plein de sens et très profond. N’est-ce pas ce que nous sommes venus faire sur la terre : rechercher le Bonheur, la Vie, l’Amour. Vivre, à la fois passionnément et paisiblement. Dans cette perspective, l’orgasme spirituel fait partie de notre quête fondamentale comme être humain. Nous sommes faits pour ressentir un grand bien-être intérieur, un profond sentiment de communion, d’unité avec Soi, avec les autres et avec la Vie. Nous sommes appelés à vivre en pleine conscience et cette pleine conscience nous invite à profiter à 100% du moment présent.

Spontanément, nous sommes attirés par les plaisirs de la vie, par ce qui est agréable et qui nous fait du bien. En fait, nous sommes attirés par ce qui goûte bon, au niveau gustatif bien entendu, mais aussi et surtout au niveau affectif et psychologique. Puisque notre désir profond va vers ce qui goûte bon, pourquoi ne pas le cultiver davantage. ( De la même manière que l’on décide de faire pousser dans notre potager ce que l’on aime le plus ). Et si on décidait de mettre plus de vie dans notre vie ? De mettre plus de bonheur dans notre quotidien ? Plus de conscience dans notre existence ? Plus de présence dans notre respiration ? Plus de sacré dans nos relations. Et si on décidait de faire de notre vie une CÉLÉBRATION ! Que notre quotidien soit FÊTE ! ( Et non plus que notre quotidien soit « faite ». )

La période estivale est un temps par excellence pour jouir encore plus de la vie, pour multiplier nos occasions de bonheurs et d’orgasmes spirituels. Considérant que la vie est assez dure en elle-même, nous avons intérêt à choisir consciemment de tout faire pour attirer à nous la gratitude et la jouissance des petits comme des grands privilèges de la vie. Faut-il se le rappeler, elle est SACRÉE la VIE. Elle est plus qu’ordinaire, elle est extraordinaire ! Elle est plus que normale, elle est divine ! Il faut tout faire pour l’HONORER, en nous et autour de nous. Pour la rendre la plus FESTIVE et LUMINEUSE possible.

Vivre d’une façon orgasmique, c’est développer notre présence à l’ici et maintenant de la vie, respirer avec conscience et laisser émerger des profondeurs de son être un profond sentiment de gratitude. Juste parce qu’on est là, en vie, à ce moment précis de notre existence.

Bon été, avec le maximum d’orgasmes spirituels ! On est fait pour ça ! C’est notre nature profonde d’honorer et de célébrer la vie. Nous sommes des VIVANTS en quête d’une vie plus Vivante et plus Vibrante !

Linda Léveillée

Un vrai joyeux Noël ?

Étant allergique, et je dirais même un peu rebelle, à tout ce qui est insignifiant, rigide et établi de toute éternité, j’ai choisi de réfléchir avec vous sur notre fameux Joyeux Noël  que l’on distribue avec générosité aux gens autour de nous, pendant que le père Noël, lui, distribue ses nombreux cadeaux.

D’abord, je me suis amusée à poser à quelques personnes de mon entourage cette question incisive : «  Quand tu souhaites Joyeux Noël à quelqu’un, quel sens cela a-t-il pour toi ? » Voici les réponses.

Bianca : Tu veux vraiment une vraie réponse ? Ben, ça veut rien dire ! Le seul sens est ponctuel. De passer une belle journée.

Brigitte : Quand je le dis sans m’y arrêter, ça ne veut pas dire grand-chose. C’est une formulation. Il se passe rien. Par contre, quand je le dis avec conscience, Joyeux Noël a un sens sacré, car c’est la connexion au divin, à l’amour, à la lumière, à la paix du cœur.

Philippe : Ayez du plaisir et profitez de vos vacances !

Véronique : Si je suis en mode « automate » dans mon mental, je vais dire – Joyeux Noël – mais si je suis en mode « présence » dans mon coeur, je vais avoir envie d’innover et souhaiter un Noël Joyeux.

Diane : Je leur souhaite de passer du bon temps en famille, car la famille c’est ce que l’on a de plus important. D’être heureux et rempli de l’esprit de Noël.

Avant d’aller plus loin dans la lecture, prenez le temps de vous arrêter et de vous demander quel est le sens que vous mettez dans vos propres Joyeux Noël.

Indéniablement,  Joyeux Noël   n’a pas le même sens pour tout le monde. De mon côté, j’appartiens davantage à la catégorie des sceptiques. J’ai bien de la difficulté avec le Joyeux Noël automatique et vide. Il s’apparente trop à notre fameux passe-partout relationnel : Comment ça va ? Moi, ça va bien. Et toi ? D’accord, c’est politiquement correct, mais humainement, trop pauvre et vide.

Mais avant de tout remettre en question, laissez-moi vous partager quelques réflexions comme femme en cheminement, mais aussi comme théologienne. À Noël, qu’est-ce que l’on fête au juste ? Bon, la réponse classique est la naissance de Jésus. Est-ce que l’on fête uniquement l’évènement de sa naissance ( le quand, le comment, le contexte ) ou si l’on fête le sens de sa venue sur la terre et de sa mission ? C’est-à-dire qui Jésus a été comme adulte, ce qu’il a dit, ce qu’il a fait, ce qu’il a dénoncé et annoncé ? Personnellement, je suis tellement plus attirée par le Jésus adulte, audacieux, profondément libre et authentique, pétri d’amour et de vie en abondance, radicalement engagé du côté de la justice et de l’humain, que le petit Jésus de plâtre couché dans son berceau.

Jésus est venu nous annoncer une Bonne Nouvelle. Et toute une BONNE NOUVELLE ! Une nouvelle révolutionnaire qui déclare que tous les êtres humains sont des enfants de Dieu et, par voie de conséquence, possèdent tous la même valeur et la même dignité fondamentale. Au nom de cette égalité fondamentale, selon l’Évangile, il faut tout faire pour créer un monde meilleur basé sur la JUSTICE, la VIE et l’AMOUR. Ce qui est hautement révolutionnaire dans cet engagement social, c’est que pour le Dieu de Jésus, l’ultime sacré c’est l’être humain ! … et non pas le religieux. Question d’être encore plus déstabilisant et inattendu, dans cette logique de travailler à la justice de façon à restaurer la dignité de chaque être humain, Dieu a des préférés : ceux et celles qui en arrachent le plus : les malades, les pauvres, les femmes, les enfants, les sans pouvoir, en résumé, les exclus. Et à l’époque, des exclus, il y en a beaucoup (on est loin de la charte des droits et libertés, de l’aide sociale et des soupes populaires.)

Il faut bien le reconnaître, si la Bonne Nouvelle n’avait pas porté essentiellement sur la justice et la restauration de la dignité fondamentale de chaque être humain, Jésus ne serait sûrement pas mort sauvagement assassiné, par ceux qui avaient trop d’intérêts et de pouvoir pour que son message passe. Il serait probablement mort de vieillesse. Son message, dont il a payé le prix de sa propre vie, me rend Jésus encore plus attachant. Il a osé aller au bout de ses options malgré les menaces, il a su demeurer fidèle à son mouvement intérieur, bien enraciné dans son lien intime à Dieu. Convaincu que l’ultime sacré c’est l’être humain, Jésus a eu l’art de voir en chaque personne, la beauté et la grandeur intrinsèques qui l’habitent. Il a posé sur chaque personne qu’il a croisée sur sa route, un regard de foi et d’amour qui fait vivre. Son énergie aimante était d’une telle intensité, qu’à son contact les gens guérissaient, se redressaient, se remettaient à vivre. Voilà ses miracles ! Il redonnait vie aux personnes en les restaurant dans leur dignité divine, en les remettant en contact avec leur beauté intérieure !

Et si, pour la période des fêtes, on s’inspirait de cette Bonne Nouvelle révolutionnaire, encore tellement pertinente et d’actualité aujourd’hui, pour redonner à nos Joyeux Noël un peu plus de sens, de profondeur et de conscience ?

Joyeux Noël parce que tu n’auras jamais fini de prendre la mesure de la beauté et de la grandeur divine qui t’habitent. C’est ce que tu possèdes de plus précieux.

Joyeux Noël parce que je te souhaite que ta vie soit une perpétuelle Bonne Nouvelle d’instants présents.

Joyeux Noël pour que ton existence soit une célébration de la Vie, un éloge à l’Amour et une gratitude pour l’Humanité sacrée qui t’habite.

Joyeux Noël pour que nous nous engagions ensemble à continuer inlassablement de construire un monde meilleur où respirent la joie d’exister et le bonheur d’être.

Joyeux Noël pour que nous n’arrêtions jamais de lutter contre tout ce qui détruit la vie : la pauvreté, l’injustice, le mensonge, le harcèlement, la haine, la violence, etc.

P.S : La veille où je devais remettre mon article, j’ai écris un petit courriel à mon chum pour lui demander ses commentaires et voici ce qu’il m’a répondu avec une complicité bienveillante. (Je ne lui avais pas encore envoyé mon texte.) Il y un Noël pour tout le monde et, en particulier peut-être, pour les personnes blessées par la vie. À toi qui vit une épreuve importante présentement, la naissance dans une étable de Jésus n’est-elle pas aussi le signe d’une renaissance, n’est-elle pas l’origine d’un rituel annuel qui nous fournit l’occasion de repartir sur des bases nouvelles, comme un enfant qui naît ?

Linda Léveillée