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LA NÉGLIGENCE EN AMOUR. DANGER ! DANGER ! DANGER !

Ce n’est pas le manque d’amour qui est la cause de tant de séparations. C’est la négligence dans la relation amoureuse qui conduit trop souvent celle-ci à des échecs. Voilà la conclusion à laquelle j’en suis arrivée après plusieurs années de pratique professionnelle à accompagner des centaines de couples en thérapie.

J’ai régulièrement un petit pincement au cœur quand des couples se séparent et que, de mon point de vue professionnel, je vois en eux encore plein de possibilités. Je le ressens comme un triste gaspillage. Il me semble qu’il y avait encore plein de potentiel. Mais la négligence de ne pas avoir entretenu leur lien amoureux au fil des années les a conduits à ce qu’ils ont perçu comme un cul-de-sac. Étant touchée par ces trop nombreuses situations devant lesquelles je demeure impuissante, j’ai choisi de sortir ma plume (eh oui, j’écris encore à la main) et de partager mes réflexions.

Un des pièges dans les relations amoureuses réside dans nos ATTENTES, que je qualifierais parfois de puériles et d’irréalistes. « Je n’ai plus de papillons dans le ventre quand je le-la regarde ». « La petite flamme n’est plus là ». De ce constat, on peut trop facilement tirer la conclusion que je n’ai plus de sentiments pour l’autre, donc que c’est fini. Comme si on posait une équation : si l’effervescence amoureuse des premiers temps n’est plus aussi intense, il n’y a plus d’amour. GROSSE ILLUSION ! L’amour, c’est bien plus que des sentiments épidermiques qui nous font frissonner. Méprise majeure sur ce qu’est le vrai amour, qui conduit trop souvent des couples à mettre fin prématurément à leur relation. Bien que notre société de consommation favorise le prêt-à-jeter, en matière de couple, la superficialité et l’amour jetable conduisent à bien des détresses et des échecs. Ce sont les papillons qui ont la mission de papillonner.

Toute relation de couple qui n’est pas régulièrement entretenue et nourrie s’expose à de gros risques. L’amour ne va pas de soi. Il ne sera jamais acquis. Pour le maintenir vivant, il exige effort, persévérance et volonté. Tel un feu de camp qui, s’il n’est pas alimenté avec du nouveau bois va s’éteindre, la relation de couple si elle n’est pas nourrie risque de souffrir de famine. Quand on ne prend pas soin de la relation amoureuse, elle est vouée irrémédiablement à la faillite. Les « je t’aime » se font plus rares et sont remplacés par des critiques. Les longues discussions des débuts font place à des silences lourds. Les tensions et les rancœurs s’accumulent. Les chicanes répétées ont succédé aux douces complicités. La télévision a pris la place des belles sorties en couple des premiers temps. Les rapprochements sexuels se font rares. La belle chimie est devenue corrosive.  On s’attaque, se referme, se boude. On s’éloigne émotivement et affectivement. Les paroles incisives et méchantes sont de plus en plus légion. La dynamique est devenue toxique. La guerre est proche.

Il n’y a plus rencontre. Les amoureux d’autrefois sont devenus deux solitudes qui cohabitent ensemble. Deux souffrances qui se blessent mutuellement. Quelle est la cause de ce drame amoureux, dont rien dans les débuts ne laissait présager ce désaveu ? LA NÉGLIGENCE ! (Elle n’explique pas tout, mais elle est un facteur déterminant).

On ne peut pas nier que, dans la vie de tous les jours, il y a le quotidien, la routine, les nombreuses tâches, les multiples « il faut », le manque de temps, la fatigue, la charge des enfants, la belle-mère, le chien, le poisson rouge et tutti quanti. C’est simple mais implacable, si on ne priorise pas la vie de couple, tous ces prétextes vont invariablement prendre le dessus et possiblement mettre en péril les deux tourtereaux.

Que faut-il faire pour nourrir la relation de couple afin qu’elle soit épanouissante et durable ?

D’abord, ne jamais perdre de vue que l’amour est fragile. Très fragile. Qu’il peut être facilement menacé … déserté … détruit. Autant l’amour constitue notre besoin le plus fondamental, autant on est limité par nos blessures affectives et notre immaturité dans notre capacité à aimer vraiment l’autre. C’est facile et tentant de tomber dans la loi du talion : œil pour œil, dent pour dent. « Tu n’as pas répondu à mon besoin, je ne répondrai pas au tien ». « Tu m’as blessé-e, je vais aussi te faire du mal ». Dans cette logique des représailles, où notre côté animal mène le bal, on aime dans la mesure où on est d’abord aimé. Heureusement, il y a notre côté humain, plus évolué et spirituel, où notre COEUR offre le don de l’amour sans compter, car sa nature profonde est bonté et bienveillance. Cette dualité entre le meilleur et le pire de nous, existe à l’intérieur de chaque être humain, et par voie de conséquence, dans l’intimité de chaque couple. On ne peut pas s’en sortir. Tant qu’on ne va pas les affronter et les transformer, nos démons intérieurs vont jalonner et menacer notre vie de couple. (La négligence peut aussi être celle de refuser de faire du travail personnel de guérison sur ses propres blessures d’amour).

Poursuivons notre questionnement. Quels sont les repères pour maintenir bien vivante la connexion amoureuse, pour les siècles et les siècles, AMEN ! ? (Je l’avoue, j’ai peut-être un peu exagéré).

S’ENGAGER. L’amour vrai et profond réclame un engagement sérieux. Pas du bout des lèvres, avec un pied dedans et l’autre prêt à sortir. Il faut s’investir à fond et croire en la relation de toutes les fibres de son être. Ne pas envisager d’abandonner dès que l’adversité se pointe le bout du nez. Persévérer en sachant que les épreuves permettent d’évoluer. Savoir que plus on est engagé, plus on est à la recherche de solutions. Que l’amour qui dure dans le temps est encore plus profond et savoureux. Les « petites vites » en amour nous déshydratent le cœur. L’engagement mutuel procure un précieux sentiment de sécurité dans la relation.

 

MULTIPLIER LES MANIFESTATIONS D’AMOUR, c’est tellement important ! On carbure à se sentir valorisé, reconnu, aimé. Soyez généreux à offrir à l’autre plein de petites attentions, des délicatesses. Des paroles gentilles. Des gestes affectueux. Je peux vous assurer que les couples que j’accompagne en thérapie qui ont négligé de se manifester régulièrement des preuves d’amour sont sur le bord de la défaite. La privation, c’est pour les excès alimentaires et les addictions, pas pour l’amour. On en a tellement besoin !  Utilisez vos corps pour exprimer votre amour et raviver le désir. Ça ne coûte rien et ça rapporte beaucoup. Un regard, une caresse, un massage, de l’intimité sexuelle. Le toucher nourrit la connexion amoureuse. Sortez votre créativité pour exprimer à votre perle précieuse que vous n’auriez pas pu faire un meilleur choix de partenaire ! Et ne perdez pas de vue les différences au niveau de l’amour : les femmes ont besoin de se sentir désirées et les hommes de se sentir valorisés.

 

PARLER, PARLER ET PARLER.  On n’insistera jamais assez, la communication est un des éléments clefs de la qualité d’une relation. Plus la communication est profonde et vraie, plus elle crée une connexion solide entre les partenaires. On peut tout se dire quand l’intention repose sur le respect et l’amour. La complicité amoureuse est à son meilleur quand je peux me déposer avec mes fragilités et révéler ma vulnérabilité, avec la certitude que je vais être accueilli avec douceur et empathie. Cette profondeur d’échange est le signe d’un couple en bonne santé affective et psychologique. S’intéresser réellement à l’autre et l’écouter avec toute notre attention, sans préparer nos arguments pendant que l’autre parle.

 

ACCEPTER LES DIFFÉRENCES est certainement un des grands enjeux dans un couple. Nos ressemblances (Dieu merci, on souhaite qu’il y en ait beaucoup) sont les terrains d’entente faciles et fluides. C’est quand l’autre ne pense pas comme nous, n’agit pas comme nous que cela crée des tensions. Plus l’amour est engagé et profond, plus on va être capable d’accepter les différences de l’autre sans vouloir le-la changer. Pour arriver à cet accueil inconditionnel, pas besoin de vous convaincre que cela demande beaucoup de cheminement et de maturité. Qu’on se le dise, de toute façon, la personne parfaite n’existe pas. Peu importe avec qui on va être, il y aura nécessairement un jeu de négociation, de compromis et d’ajustement. En couple, l’ego est mis à rude épreuve. Il n’a pas le choix de lâcher prise … et de respirer.

 

SE DONNER DU TEMPS DE QUALITÉ. « C’est le temps que tu as perdu pour ta rose qui fait que ta rose est si importante », écrivait St-Exupéry. À travers les exigences de la vie, la marmaille, les responsabilités, il est impératif de se préserver du temps juste en couple. Régulièrement. Une fin de semaine d’amoureux. Un souper au resto. Une escapade en plein air. Développer des projets ensemble. Instaurer un rituel où, à tous les soirs, on prend 20 à 30 minutes juste pour parler ensemble. Vos enfants vont survivre à votre indisponibilité. Votre couple doit devenir une priorité dans la gestion de votre temps. Ne jamais tenir l’autre pour acquis. Sa présence à nos côtés restera éternellement un don et non pas un dû.

GÉRER SAINEMENT LES CONFLITS. Ne pas les fuir. Avec courage et confiance, les affronter, car tous les conflits non réglés deviennent une mare nauséabonde qui empoisonne la relation. Comprendre que la vie de couple comporte de nombreux cycles d’expansion et de rétraction. C’est comme les fluctuations de la bourse … en amour.  Ne pas accumuler les rancœurs et les ressentiments. Ils sont 100% toxiques pour soi-même et pour la relation. Savoir s’exprimer en JE en parlant de soi et éviter les TU accusateurs. Ne jamais tomber dans le dénigrement et la violence verbale et psychologique. Pardonner. Recommencer à neuf.

Bien sûr, ces quelques suggestions pour investir dans la vie à deux ne sont pas exhaustives. Laissez-vous aller, avec votre cœur et votre imagination, pour choisir de vous réinventer dans votre manière d’être en relation ensemble. L’effort en vaut la peine.

La vie de couple est une dimension trop fondamentale de nos existences humaine pour que nous la négligions. Elle mérite qu’on s’y investisse corps et âme, car ça goûte tellement bon !!!

Bon cheminement de couple !

Linda Léveillée

Professionnelle en relation d’aide psychologique

www.lindaleveillee.com

L’art d’accueillir ce qui est – Passer du OU au ET

Passer du OU au ET.

Mystérieux comme sujet d’article. Pourtant, la différence entre ces deux petits mots est tellement fondamentale et profonde au niveau psychique. C’est la différence entre résister et accepter. Entre la fermeture et l’ouverture. Le contrôle et le lâcher-prise. Le NON et le OUI. En fait, ce dont il est question ici, c’est l’art d’accueillir ce qui est … sans a priori, ni jugement.

 

Parce qu’on a une petite tendance, je dirais même une grosse tendance, nous les êtres humains, à adopter une attitude binaire dans notre vision de la vie. Nous raisonnons d’une façon bipolaire. J’aime ou j’haïs. C’est oui ou c’est non. C’est bien ou c’est mal. Comme si la vie se divisait en deux catégories opaques. Le bien et le mal. Le positif et le négatif. Les films de Walt Disney nous ont bien nourris dans cette dichotomie où les personnages sont clairement divisés en deux clans : les bons et les méchants. C’est ainsi qu’on a tendance à classer bien des réalités de la vie dans des catégories qu’on tient en opposition. Nos émotions n’y échappent pas. On a catégorisé qu’il y en a des bonnes et des mauvaises. On valorise les unes et fuit les autres. Pas de problème à ressentir de la joie, du bonheur, de la gratitude et de la légèreté. Mais nous fuyons comme de la peste de nous sentir souffrant, faible, triste et malheureux. En sélectionnant les émotions, que l’on qualifie de positives ou de négatives, on ne réalise pas que l’on tombe dans un piège bien dangereux. Le piège de s’amputer de toute une partie essentielle de son humanité. Piège de refuser de faire face à la réalité. Dans ce déni, on ose même faire de l’ego l’ennemi de l’âme. Le rationnel s’oppose au senti. Le mental au spirituel. La vie est tellement plus vaste, plus complexe et plus globale que ce que Walt Disney nous laisse croire.

 

Nous sommes faits d’ombre et de lumière. Du meilleur et du pire. Ces multiples polarités sont inhérentes à notre condition humaine. Passer du OU au ET réclame d’accueillir tout ce qui est. De laisser cohabiter en nous ce qui, en apparence, a l’air opposé. La tristesse et la joie. La force et la fragilité. La souffrance et le bonheur. Laisser de la place à tout ce qui est là. Sans sélectionner. Sans porter des jugements sur ce qui est bon et ce qui ne l’est pas. Passer d’un mouvement d’exclusion à un mouvement d’inclusion. Donner le droit à tous nos états d’âme et à nos émotions d’exister telles qu’elles sont. Oser habiter tous les recoins de notre être. De la même manière qu’on habite toutes les pièces de sa maison.

 

Dans cette perspective, le mouvement de la pensée positive, si on n’y fait pas attention, devient un leurre. À vouloir être positif à tout prix, on occulte toute une partie de la réalité. On tombe dans le déni et la fuite. On refuse d’affronter nos démons et de faire face à ce qui fait mal. On entre en guerre contre soi. En décidant de contrôler ce qui est acceptable de ce qui ne l’est pas, on se coupe de notre vérité intérieure. Au prix de gros efforts, on fait semblant, mais on a juste ravalé. On n’a rien réglé, on a choisi d’enfouir. On n’a pas pris le temps nécessaire pour accueillir et intégrer. Ce positivisme artificiel va à l’encontre des propos de Scott Peck qui dans son bestseller, Le chemin le mois fréquenté, affirmait d’entrée de jeu que la vie est difficile. Refuser d’admettre cette réalité, c’est jouer à l’autruche. C’est donner raison à Blaise qui constatait l’évidence : « qui veut faire l’ange fait la bête. »

 

Qu’est-ce qui nous amène à avoir tant de difficulté à assumer l’entièreté de la macédoine d’émotions qui nous habite ? Certainement la peur. La peur du jugement des autres. Qu’est-ce qu’on va dire de moi si je me révèle faible, triste et déprimé ? Pour éviter d’être jugé et de répondre à son besoin de plaire et d’être accepté, on joue au jeu de la cachette. Mais ce n’est pas juste avec les autres que l’on joue à la cache-moi-les-émotions, c’est aussi avec soi-même. On refuse de se donner accès à sa tristesse et à sa fragilité de peur qu’elles nous anéantissent. Comme si, à nos yeux, cela augmentait considérablement le danger en menaçant notre fragile écologie psychique, de s’avouer simplement qu’on ne se sent pas bien et qu’on a mal. En réalité, on a peur de perdre le contrôle face à notre souffrance, croyant que celle-ci pourrait dégénérer en tsunami.

 

Si cette stratégie d’évitement des émotions désagréables peut être, à court terme, un camouflage sécurisant, à moyen et à long terme, elle est très corrosive. Ce que l’on n’assume pas, tôt ou tard nous « pètera » en pleine face. En sélectionnant la gamme des émotions que l’on considère acceptables, on se coupe de toute une partie de notre vie intérieure. On vit déconnecté d’une part essentielle de notre expérience humaine. On vit à moitié. Et la moitié qui nous manque fait partie de notre précieux patrimoine psychologique. Je vous l’assure, il est pas mal plus dangereux de conduire sa vie les yeux fermés que les yeux ouverts.

 

Si on ne veut pas vivre coupé et anesthésié de soi, il est impératif d’apprendre à se réconcilier avec tout ce qui vibre en nous. Dans une démarche de pleine conscience, le premier mouvement est d’observer ce qui se passe en soi et de l’accueillir, sans jugement. Faire de la place à tout ce qui est. Embrasser la plénitude de son expérience. Être dans le ET inclusif et non pas dans le OU binaire et exclusif. Respirer avec ce qui est là. Rester présent et laisser exister. Dans cette présence attentive et bienveillante, il y a de fortes chances que l’émotion s’apaise et diminue en intensité. Ce premier mouvement d’accueil inconditionnel à ce qui est permet, dans un deuxième temps, de discerner les attitudes gagnantes à développer et les actions à entreprendre afin de vivre en harmonie avec ses valeurs et le sens de son existence. S’en suit, un travail minutieux de désherbage de ses pensées et croyances malsaines et dysfonctionnelles, qui se retrouvent souvent à l’origine de nos réactions émotives. Ce sera le sujet d’un prochain article : l’art d’accueillir tout ce qui m’habite, en choisissant volontairement ce que je veux nourrir et entretenir.

Pour terminer, je vous propose une image pour illustrer la beauté et la puissance du mouvement d’accueil à ce qui est. Ouvrez grand les bras, comme si vous teniez un gros ballon d’entraînement. Visualisez que ce grand espace ouvert contient et inclut TOUT ce que vous ressentez. TOUS vos états d’âme peuvent cohabiter ensemble. Ils sont tous les bienvenus. Votre cœur, au milieu de cet espace d’accueil inconditionnel diffuse de l’amour à tout ce qui est là. Dans cet espace bienveillant où tout est permis, vous respirez paisiblement dans l’acceptation de ce qui est. Un moment parfait de pure présence !

 

Bonne rencontre avec vos parts d’ombre et de lumière. Les accueillir et les laisser cohabiter dans votre intimité, vous permettra de toucher un sentiment grisant : celui d’être 100 % libre d’exister !!! Sans entrave et sans retenue. Rien à prouver et rien à justifier. Juste ÊTRE !!!

 

Linda Léveillée

Professionnelle en relation d’aide psychologique

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Mes petites voix intérieures

Entre le moment où vous avez lu le titre de cet article et celui où vous avez commencé à en lire la première phrase, votre cerveau a déjà eu le temps d’émettre des jugements rapides. C’est tout à fait normal, notre cerveau est programmé pour penser, réfléchir, analyser, réagir. Ça pense tout le temps dans notre tête. Des pensées, on en produit des milliers par jour. Même quand on dort, ça pense encore, par contre c’est l’inconscient qui prend le relais à travers nos rêves, pour nous aider à intégrer et équilibrer ce qui s’est passé dans notre journée … et notre vie.

Ce que je veux aborder aujourd’hui, c’est l’importance de s’arrêter, au cœur du flot ininterrompu de nos pensées, à celles qui sont reliées à l’image et aux croyances que l’on a de soi-même. Ce que je me dis en silence, sans que personne ne puisse l’entendre, de moi à moi. Ce qu’on appelle nos petites voix intérieures. Ces petites voix sont extrêmement révélatrices pour en apprendre sur nous-mêmes. D’autant plus qu’en général, elles sont spontanées et automatiques. Le défi c’est d’en prendre conscience. De les attraper au passage afin de faire un travail de détective sur soi-même. L’intention, c’est de capter, au cœur de notre interminable bla-bla intérieur, les affirmations qui nous concernent afin de les sortir de l’ombre et de les mettre en lumière. Bien qu’elles soient silencieuses, il est indispensable de les entendre. Elles sont moins dangereuses quand on les débusque que si elles s’infiltrent insidieusement sans que l’on s’en aperçoive.

D’emblée, on peut dire à propos de nos petites voix sur nous-mêmes qu’il y en a deux types. Les nourrissantes, celles qui sont valorisantes et qui font grandir et celles qui polluent, qui sont toxiques et dévalorisantes. Les premières, on les souhaite et on cherche à les entretenir. « Je suis bonne ». « Je suis fier de moi ». « Je suis capable ». « J’aime qui je suis ». Les deuxièmes ont une énergie corrosive et destructrice. « Je ne suis pas belle ». « Je ne suis pas assez intelligent ». « Je ne mérite pas de … ». « Je ne réussis jamais rien ». «Il n’y a pas un homme qui va s’intéresser à moi ». Et tutti quanti. Malheureusement, la liste de nos reproches est, en général, beaucoup trop longue et paradoxalement celle de nos félicitations bien trop courte.

Si on prend le temps de s’y arrêter sérieusement, on réalise que l’on est parfois son pire ennemi. On a la gâchette rapide pour se taper dessus et se critiquer. On devient ainsi victime de soi-même. On s’autosabote en se dénigrant. Il est grand temps de récupérer son pouvoir et de mettre fin à cette habitude destructrice avant qu’elle ne devienne maladive. L’heure est venue de s’offrir un regard de compassion et de tendresse pour nourrir le meilleur de soi.

La première étape consiste à devenir conscient-e de ce que l’on se dit dans sa tête. De jouer au détective avec soi-même afin de réaliser toutes les petites voix polluantes qui passent dans notre cerveau comme si de rien n’était. On doit apprendre à les entendre, à les capter et à les déloger, car disons le haut et fort, elles sont toxiques ! Même si on a envie de les banaliser, elles n’ont rien de banal. Si je me répète souvent que je suis con ou conne, je vais finir par y croire et à agir de la sorte. Il y a bien assez dans notre vie de toutes les fois où on a été critiqué (et où on le sera certainement encore) sans qu’à notre tour on prenne le relais de se juger sévèrement.

L’exercice que je vous propose se compare à celui d’enlever les mauvaises herbes d’un potager ou d’un jardin. Ce sont les fleurs et les légumes que l’on veut cultiver, pas les mauvaises herbes. C’est le même désherbage que l’on doit entreprendre dans notre langage intérieur. Ce sont les petites voix aimantes et encourageantes que l’on veut nourrir, pas celles qui empoisonnent et qui tuent.

Pour jouer au détective de ce qui se dit dans votre tête, je vous propose un petit exercice bien concret. Dans votre journal, ou sur une feuille que vous allez traîner dans votre poche ou votre sacoche, de façon à ce qu’elle soit accessible en tout temps, vous allez systématiquement écrire vos petites voix « mauvaises herbes » au fil de la journée. Soyez vigilant-e, car c’est facile de s’en faire passer des petites vite. Le soir avant de vous coucher, vous relisez vos petites voix polluantes et vous vous dites, une petite larme à l’œil : « Mon dieu, je suis bien dur-e avec moi-même ». – Ça y est, la reprise de pouvoir est commencée. –

Il est maintenant temps d’entreprendre le travail de recadrage. Vous confrontez vos petites voix avec la réalité, et ce, avec le plus d’honnêteté possible. Est-ce vrai que personne ne m’aime ? Est-ce vrai que je ne réussis jamais rien ? Permettez-vous de remettre en question ces croyances toxiques qui ne passent pas le test de la réalité. Ensuite vient l’étape cruciale de la reprogrammation. Vous reformulez chaque intrus indésirable dans une perspective de bienveillance à votre égard. J’ai de la valeur. Je vais réussir. Ce n’est pas grave si j’ai fait une erreur. Vous inscrivez ensuite précieusement sur votre feuille ou votre journal ces belles affirmations porteuses de vie. Et vous vous les répétez le plus souvent possible pour les ancrer et les intégrer.

Je vous garantis que si vous jouez au détective pour débusquer et transformer votre langage intérieur, après quelques semaines dans le rôle de Sherlock Holmes, vous allez sentir que c’est la partie bienveillante qui a repris le pouvoir sur ce qui se dit dans votre tête. Et ce sera une très belle victoire ! Victoire, parce que la façon la plus puissante de changer sa vie, c’est de changer sa façon de penser. Ce sont nos pensées qui influencent nos émotions et celles-ci à leur tour déterminent nos actions. Vous voulez améliorer votre vie, commencez d’abord par changer ce que vous vous dites dans votre tête.

Si le processus que je vous partage actuellement vous interpelle, vous pouvez l’appliquer dans deux autres situations similaires. Vous reprenez votre habit de détective, mais cette fois-ci pour débusquer tout ce que vous vous dites sur les autres (vos jugements, vos critiques, vos préjugés) afin de transformer ces réactions défensives en intentions bienveillantes. Je vous préviens que l’exercice est exigeant, car il nous fait prendre la mesure de notre part d’ombre et le chemin qu’il reste à parcourir pour être pur amour.

Le même travail d’attention peut aussi s’appliquer pour prendre conscience de vos ruminations, votre chialage et vos lamentations. En fait, de toute l’énergie négative et de victime dans lesquelles on peut trop facilement se complaire si on n’y prend pas garde. Vous poursuivez ensuite votre introspection avec les deux étapes de recadrage et de reprogrammation. Votre effort de vérité sera récompensé, car vous serez ainsi davantage libre de voir les choses autrement et de plonger votre vie dans la reconnaissance et la gratitude. Je vous l’assure, bénir fait pas mal plus de bien à notre santé mentale et physique que de maudire !

Si vous voulez vous amuser à ajouter un volet encore plus thérapeutique à votre démarche, je vous propose de trouver un nom humoristique à vos petites voix. Rire de soi, avec complicité aimante, permet de prendre les choses avec une certaine distance et plus de légèreté.

En cette période de l’année où l’on s’apprête à hiverner, je vous souhaite un beau jardinage intérieur pour que fleurissent dans votre tête compassion et gratitudes. Et ce qu’il y a de mignon, c’est que ni l’une ni l’autre ne craint le froid et qu’elles poussent toute l’année.

Linda Léveillée

Lâcher-prise

La tentation a été très forte en moi de faire une bonne blague pour l’écriture de cet article. J’aurais aimé avoir l’audace d’écrire simplement : JE LÂCHE PRISE ET JE N’ÉCRIS PAS D’ARTICLE POUR CETTE ÉDITION DE L’AUTOMNE, car je suis dans des travaux de rénovation et je n’ai pas envie d’être disciplinée et de faire l’effort de … Mais la partie en moi, que j’appelle tendrement « Miss Devoir » n’a pas été capable de lâcher-prise sur ses exigences d’écrire un article à chaque parution. Alors, vous avez la preuve, en toute humilité, que je vous offre un article sur un sujet que je ne suis pas capable d’appliquer à 100%. D’ailleurs, qui est capable de lâcher prise en toute situation ? Lancez-moi la première pierre.

LÂCHER PRISE ! Deux petits mots qui deviennent bien interpellant quand on prend le temps de s’attarder à leur sens. PRISE : Ce à quoi on s’est accroché, qu’on s’agrippe. Qu’on tient de toutes nos forces. C’est notre prise ! On a la certitude qu’elle nous appartient. Qu’elle relève de notre pouvoir. On l’a « prise ». Elle est à nous. On la contrôle et elle nous permet de nous sentir en contrôle. LÂCHER : Renoncer. Perdre. Desserrer. Délaisser. Ne plus tenir, ni retenir. Rendre moins serré, moins tendu. Juste avec ce petit détour linguistique, on comprend bien que lâcher prise, c’est loin d’être facile. En fait, spontanément, c’est bien la dernière chose que l’on veut, perdre ce que l’on a gagné si chèrement, avec tant d’efforts et de sacrifices (nos croyances, nos valeurs, notre image de nous-mêmes, notre santé, nos rêves, nos loisirs, notre qualité de vie, notre situation financière, notre carrière, notre relation de couple, nos enfants, nos amis-amies, nos biens matériels, le chien, le chat et le poisson rouge …). On a acquis et conquis tout cela à force de luttes et à la sueur de notre front. On ne veut surtout rien perdre.

Tant mieux si la vie nous laisse jouir de tout ce que l’on a acquis et qui nous tient à cœur. Mais vous et moi, nous savons très bien que la vie ne se déroule pas toujours exactement comme on le voudrait. Qu’elle est parsemée d’imprévus, d’obstacles et d’épreuves. C’est lors de ces moments de contrariété, qui vont invariablement se pointer le bout du nez au cours de notre existence, qu’il faut savoir relativiser et remettre en question notre volonté de tout contrôler et de vouloir tout réussir. À trop vouloir, à s’accrocher, à s’entêter, on risque de perdre encore plus et même de se perdre soi-même.

Je m’explique. Parfois on a l’impression de bien mener sa vie. Que c’est nous le ou la capitaine à bord. Que les choses se passent exactement comme on le veut. Mais, et le MAIS est important, dans certaines situations, il arrive que c’est la vie qui nous mène, pour ne pas dire qui nous malmène.

C’est dans ces situations que notre discernement devient fondamental pour bien jauger quand il faut se battre, persévérer et foncer et quand il faut rendre les armes, renoncer, accepter pour ne pas entrer dans une lutte de pouvoir stérile de notre ego. Il en va de la fidélité à notre âme. L’expression populaire « choisir ses batailles », va, à mon avis, dans ce sens. C’est assurément la perspective de la prière de sérénité des Alcooliques Anonymes : « Mon Dieu. Donnez-moi la sérénité d’accepter les choses que je ne puis changer. Le courage de changer les choses que je peux. Et la sagesse d’en connaître la différence » Quelle prière pleine de justesse et de sagesse ! Elle ne passera jamais de mode. Le défi d’une vie riche et épanouie réside dans l’art de ce discernement. Discernement où aller au bout de Soi implique parfois des OUI et parfois des NON.

Lâcher-prise est un grand acte de confiance. Confiance qui permet d’accepter la réalité telle qu’elle est et non pas telle que l’on voudrait qu’elle soit. De quitter ses peurs, ses insécurités et ses mécanismes de protection pour faire un avec la vie. De quitter la longue liste de ses IL FAUT et des exigences qu’on s’impose pour se laisser guider par le mouvement de la vie. De moins résister et de plus accueillir ce qui est. Lâcher prise demande un travail en profondeur sur Soi. C’est dans l’intime de son être que ce processus se vit. Cela ne concerne personne d’autre. C’est de soi à Soi.

Lâcher-prise, c’est changer de regard afin de voir les choses autrement. C’est croire que la vie est belle et bonne malgré qu’elle ne se déroule pas exactement comme on le voudrait. C’est s’ouvrir à des possibles. C’est laisser la vie nous apprendre et nous surprendre. Lâcher prise, c’est redire cette prière : Que ta volonté soit faite – on peut même aller jusqu’à oser réciter – Que ta volonté soit fête ! Lâcher-prise, c’est faire le pari de la gratitude à chaque jour et de nourrir l’intuition que tout est parfait. Lâcher-prise, c’est oser rire dans l’adversité, c’est renoncer à vouloir gagner, c’est vivre avec plus de conscience, c’est bénir et apprécier l’instant présent. L’ultime lâcher-prise, c’est l’amour qui circule à nouveau, qui restaure … et qui pardonne !

À quels signes on peut reconnaître que l’on n’est pas dans le lâcher-prise ? Quand on résiste, qu’on est dans le contrôle ou le déni. Ces attitudes stériles occasionnent d’énormes pertes d’énergie, de l’épuisement et sont souvent source de fatigue chronique car on y dilapide une partie de notre vitalité.

À quels signes peut-on reconnaître que l’on a vraiment lâché prise ? C’est simple, un vrai lâcher-prise procure un profond sentiment de paix. Plus le relâchement est viscéral et profond, plus les bienfaits s’apparentent à un état de grâce. Tout notre Être respire et savoure sa liberté retrouvée.

P.S : Si vous voulez vivre une petite expérience kinesthésique de lâcher-prise, je vous invite à serrer très fort dans votre main un objet pendant 30 secondes. Puis relâchez la tension et déposez l’objet. Ensuite, ouvrez complètement votre main et sentez la différence pendant la prochaine minute.

Linda Léveillée

Le coup de foudre est-il de l’amour ?

L’amour, l’amour, toujours l’amour. On en a besoin. On en veut. On en réclame. De notre première minute de vie  jusqu’à notre toute dernière. Certes, il est important de se le rappeler, c’est le besoin le plus fondamental de l’être humain. Sans amour on se dessèche et on déserte sa vie.

Un des grands lieux dans nos existences humaines où nous cherchons l’amour, c’est  la vie de couple. Il s’agit simplement de porter attention aux chansons, à l’art ou la littérature pour réaliser jusqu’à quel point la vie de couple est une expérience où l’amour s’exprime à son paroxysme. Paroxysme qui prend parfois l’allure de l’exaltation intense et de la passion folle, mais aussi celle de la déchéance et de la déchirure. En 2017, on ne peut plus faire fi de cette vérité lapidaire : le couple peut être une occasion privilégiée de bonheur et d’épanouissement, tout autant qu’un lieu de souffrance, de blessure et malheureusement … de haine.

Peut-être qu’un des pièges vient de la vision un peu puérile et idyllique que l’on entretient de la vie de couple où notre imaginaire se nourrit de princesses et de princes qui se marient, sont toujours très heureux et ont … deux merveilleux enfants.

Qu’en est-il du coup de foudre dans les relations amoureuses ? En général, on l’idéalise, on le recherche et on se conforte dans la croyance que le coup de foudre est garant d’une belle histoire d’amour éternelle et sublime. Malheureusement, il semble bien que la réalité soit moins lumineuse que cette perception  plutôt infantile et étroite.

Ma pratique comme professionnelle en relation d’aide auprès des couples m’a amenée à m’intéresser beaucoup à ce sujet au cours des dernières années. Les résultats de mes recherches sur le coup de foudre me conduisent à des conclusions bien prosaïques et  terre-à-terre. Le coup de foudre serait bien plus une affaire d’hormones que de cœur. L’essentiel de ce sentiment, où l’on perd le contrôle de soi, est déclenché par une forte réaction chimique au contact de l’autre. Phénomène qui rend complètement fou, obnubilé et en grande partie aveugle, comme le dit le proverbe populaire au sujet de l’amour. Ce sont donc les hormones, particulièrement les phéromones, qui sont en jeu quand la rencontre de l’autre nous fait totalement chavirer.

En fait, les scientifiques affirment que derrière le coup de foudre et son déclenchement d’hormones,  c’est l’instinct de reproduction de l’être humain qui se joue. De par notre instinct animal, nous sommes génétiquement programmés pour la reproduction. Le coup de foudre serait donc vécu entre des personnes qui sont biologiquement compatibles. Le tout, bien entendu, dans une totale inconscience des protagonistes. Les sens sont extrêmement interpellés dans cette aventure de séduction sexuelle. Particulièrement l’odorat. Ce sens, est semble-t-il, déterminant. Mais aussi le regard, la voix, le premier contact physique, le premier baiser. Toutes ces sensations sont nécessaires au cerveau submergé d’hormones pour détecter la compatibilité génétique afin de répondre à l’instinct reproducteur. En résumé, le cerveau allume le corps au maximum afin qu’il consacre toutes ses ressources à ce ou cette candidat-e idéal-e pour la reproduction.

Voilà pourquoi les gens qui vivent un coup de foudre perdent le nord et sont subjugués par l’autre, même s’ils se connaissent seulement depuis quelques minutes ou quelques heures. Cette rencontre soudaine les projette sur une autre planète où les émotions, les sensations et les désirs sont à leur zénith. Dans cet état d’euphorie, les nouveaux amoureux pensent qu’ils viennent de rencontrer l’amour avec un grand A. En fait, ce qu’ils vivent c’est plutôt d’être possédés par un flot d’hormones incontrôlables.

Ce phénomène d’hormones, nommé le coup de foudre, a pour conséquence de biaiser les perceptions. L’autre de qui on tombe en amour est idéalisé. On le met sur un piédestal. À la limite, on le déifie. En fait, on tombe en amour avec l’amour. Plus particulièrement avec les sensations de l’amour. On est en relation avec l’image mystifiée que l’on s’est construite de l’autre et non pas avec qui il est réellement. On a l’impression d’avoir trouvé l’âme sœur, LA personne parfaite qui nous convient parfaitement.  On baigne dans l’illusion qu’on est pareil et que ces sensations intenses vont durer toute la vie. Sans en être le moindrement conscient, on est plongé dans le festival de l’aveuglement et de la fausse symbiose rassurante.

Mais la réalité de la vie vient rattraper les amoureux aveuglés par leur décharge d’hormones. Après un certain temps (selon les couples, entre six mois et trois ans) on déchante, on se désillusionne. On voit l’autre sous son vrai jour. Avec ses défauts, ses limites et ses fragilités.  Ses différences tout à coup nous sautent aux yeux et deviennent des irritants majeurs. La déception est intense. Les frustrations aussi. Autant au début, on a l’impression d’être au septième ciel, on se retrouve maintenant en enfer. L’amour s’effrite, se bataille et même disparaît, jusqu’à devenir parfois haine et vengeance. On a malheureusement trop dans notre entourage de ces couples qui sont passé d’un extrême à l’autre. Pour ma part, j’assiste à ces déchirures avec impuissance, avec un petit fond de mal de cœur.

Au-delà des hormones, qu’est-ce qui se cache au niveau psychologique derrière le coup de foudre ? De nombreux psychologues en viennent à la conclusion que sous cette fusion totale, où il n’y a plus deux JE qui existent, mais uniquement un NOUS, où les deux entités sont confondues, se cache un grand vide intérieur et un manque affectif à combler. Ce qu’on appelle la dépendance affective. Un mal-être que l’on cherche à faire disparaître dans la fusion illusoire avec l’autre. Enfin, quelqu’un va s’occuper de nous comme lorsque nous étions petits nos parents l’ont fait … ou ne l’ont pas fait. La recherche de ces sensations fortes du début d’une relation manifeste donc une forme importante d’immaturité affective.

Est-ce qu’après le feu de paille hormonal les amoureux peuvent demeurer en amour ? Bien sûr que la réponse est OUI. Mais il semble que statistiquement ces situations sont rares. Pour qu’un couple dure, cela demande de chacun des partenaires une grande maturité affective. C’est-à-dire une capacité d’assumer son individualité et son unicité tout en s’investissant réellement dans la relation. Je ne vous apprendrai rien en vous disant que c’est très exigeant d’aimer. D’aimer l’autre tel qu’il est, sans vouloir le changer. D’aimer l’autre quand on sait tout de lui, ses défauts, ses forces, ses limites. Aimer demande un engagement, un investissement. J’imagine que c’est cela que St-Exupéry a voulu dire : « c’est le temps que tu as perdu pour ta rose qui fait que ta rose est si importante ».

À l’heure des réseaux sociaux qui envahissent notre quotidien, où un seul clic suffit à exprimer son J’AIME, la vie de couple se trouve mise à rude épreuve. Dans cette ambiance superficielle et artificielle, on est loin de l’engagement et du don profond de l’amour.  De fait au Québec, on se marie de moins en moins et on se sépare de plus en plus rapidement. Autant la vie de couple offre des possibilités exceptionnelles d’épanouissement, autant elle demeure un défi colossal pour chaque homme et chaque femme qui s’y aventure.

Peut-être le coup de foudre doit-il d’abord avoir lieu à l’égard de soi-même afin que l’amour que l’on a pour soi, soit suffisamment solide et vivant pour qu’il devienne garant de la beauté et de la profondeur de l’amour que l’on peut offrir à l’autre ?

Linda Léveillée
Professionnelle en relation d’aide psychologique

Ma liberté, je la veux ! Mais, est-ce que je l’ai ?

Je m’offre le plaisir d’aborder un sujet qui m’est très cher: LA LIBERTÉ. En fait, plus précisément, la liberté d’être soi-même. Quel grand défi ! On veut tous être libre. Libre de choisir ce qui nous convient pour gérer notre vie à notre goût. Libre de vivre comme on en a envie et d’être soi-même. Pour rien au monde, on ne veut se sentir limité, emprisonné, restreint dans nos choix et notre mouvement de vie. Et pourtant, sommes-nous aussi libres que nous le prétendons ? Je vous invite à un petit moment d’introspection et de vérité pour vous situer face à cette question déterminante.

Je vous propose un petit questionnaire maison, de type intuitif et artisanal, pour vous permettre d’évaluer où vous en êtes rendus dans la conquête de votre liberté personnelle.
0 = Jamais – Pas du tout important
10 = Tout le temps – Très important

Quelle importance j’accorde à mon besoin de plaire et de séduire ?
Je m’exprime et j’agis en fonction de mes besoins et de ce que je ressens en moi.

Quelle importance j’accorde aux regards et aux commentaires que les autres portent sur moi ?
Quelle est ma capacité à prendre ma place, à m’affirmer, à mettre mes limites et à dire NON ?
Quelle importance j’accorde à mon image ?
J’apprécie d’être unique, original-e et de développer un style bien à moi et mes propres valeurs.
Quelles places prennent les peurs dans ma vie ?
Peu importe les circonstances, je suis capable d’être vrai-e et authentique face à moi-même et face aux autres.
Quelle importance j’accorde à ce que je possède ?
Quelle est ma capacité de reconnaître ma valeur fondamentale et de croire que je suis aimable ?
Quelle importance j’accorde à faire ce que l’on attend de moi et à me conformer ?

Voici quelques pistes pour analyser vos réponses. Pour les questions impaires, plus les réponses sont élevées, plus je suis à risque d’être dépossédé-e de ma liberté et de la confier aux autres. Pour les questions paires, des réponses élevées démontrent que je suis sur la bonne route dans la conquête de ma liberté personnelle.
Il faut bien l’avouer, je défi d’être pleinement libre d’être soi-même est colossal, car les pièges dans lesquels on peut s’emprisonner sont très nombreux. Et, très souvent ces pièges ne viennent pas de l’extérieur, mais de notre propre mouvement intérieur. Les prisons sont en nous. En voici quelques exemples.
-Nos habitudes rigides.
-Nos croyances limitatives.
-Nos blessures non guéries qui nous empoisonnent encore la vie.
-Notre égo qui aime se nourrir de paraître, d’avoir et de pouvoir.
-Nos manques d’estime de nous-mêmes et nos petites voix polluantes qui nous rabaissent.
-Nos racoins d’ombres et d’inconsciences où nous y avons logé nos « bibittes ».
-Nos espaces de frustration, de rancœur et de haine.

Et la liste pourrait s’allonger encore et encore. Il y a tant de facteurs dans lesquels, si on ne prend pas garde, où l’on peut s’enliser et se perdre. Se retrouver à l’étroit et étriqué à l’intérieur de soi-même. Comme si on portait un vêtement trop petit pour nous. Un vêtement qui nous enferme dans des manières d’être malsaines qui nous rapetissent et nous font perdre la pleine mesure de qui on est réellement.

Devenir 100% libre d’être soi-même, est le fruit d’un long travail sur soi. Un travail de libération, de transformation, de guérison et parfois même de décapage afin d’enlever une à une toutes les pelures qui masquent notre essence profonde. Pour retrouver sous les couches de blessures, d’adaptations et de conformismes, la connexion spirituelle à notre âme. Devenir pleinement libre d’être soi-même, unique et singulier-ière, c’est la conquête de toute une vie, car cela ne sera jamais acquis une fois pour toutes. Chaque nouvelle étape et chaque nouveau défi de notre existence seront une invitation à être toujours plus profondément fidèle au sens de notre existence et à ce que nous sommes venus accomplir sur terre.
Dans ce beau et exigeant processus de connexion à son essence divine, je vous propose 7 repères.

Faire un grand ménage dans son enfance et son passé. Non pas pour critiquer ses parents et les gens qui ont été présents dans notre éducation, mais pour prendre une distance nécessaire afin de choisir son héritage. Qu’est-ce que je veux garder et chérir de ce que j’ai reçu et par le fait même, qu’est-ce qui m’apparaît comme un bagage trop lourd et nuisible à porter sur ma route de vie et que je dois larguer pour devenir vraiment libre d’être qui je suis.

N’est libre que la personne qui a fait un grand ménage dans son passé.

Vivre sa vie en fonction de son âme plutôt que de son ego. Non pas que notre personnalité soit mauvaise, mais elle doit être au service de ce qu’il y a de plus beau et de plus grand en nous. Choisir d’ÊTRE plutôt que de faire et d’avoir. Notre essence est spirituelle. Notre existence est divine. Notre respiration est sacrée.
N’est libre que la personne qui est connectée à son âme.

Dans une culture où le mensonge est toléré, voire même socialement valorisé, le défi de la vérité devient un enjeu crucial dans l’expression de sa liberté. L’Évangile n’affirmait t-il pas il y a deux mille ans, que la vérité nous rend libres. Avec courage et conviction, il faut oser être vrai et authentique autant face à soi-même que face aux autres. C’est non négociable !
N’est libre que la personne qui choisit d’être vraie et authentique.

Penser et agir en fonction de son propre mouvement intérieur et non pas en fonction de l’extérieur. Il est nécessaire de ne pas perdre de vue que la liberté d’être soi-même est essentiellement un processus intime, de soi à soi. La liberté prend d’abord forme à l’intérieur de soi et c’est ensuite qu’elle s’incarne et se matérialise à l’extérieur. Non pas l’inverse.
N’est libre que la personne qui vit sa liberté de l’intérieur.

Un incontournable dans la conquête de sa liberté, c’est de s’aimer. Pas juste un peu. Pas juste beaucoup. Mais passionnément ! De s’aimer tel-le qu’on est. D’honorer tant dans ses espaces de lumières que d’ombres. D’avoir pour soi un solide sentiment d’estime et de sa valeur. Plus je m’aime, plus je suis libre face à l’amour … et plus je m’éloigne des prisons de la dépendance affective.

N’est libre que la personne qui s’aime avec bienveillance.

La vie étant par définition mouvement, la liberté vient avec une grande capacité de se remettre en question, de changer, d’évoluer. Tout ce qui est trop rigide, sclérosé, déterminé de toute éternité emprisonne la vie.

N’est libre que la personne qui sait rire d’elle-même et se remettre en question.

Mon dernier repère est probablement le plus incisif et le plus radical : ÊTRE SOURCE D’AMOUR. Il n’y a que l’amour qui rend libre. Il n’y a que la bienveillance et le pardon qui humanisent. Il n’y a que nos gestes d’amour qui restent et donnent sens à nos existences. Tout le reste est éphémère.

N’est libre que la personne qui est source d’amour !

OUI, MA LIBERTÉ, JE LA VEUX !!!

Linda Léveillée