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DES ADOS … ADORABLES!

Oui, vous avez bien lu le titre: DES ADOS … ADORABLES ! D’entrée de jeu, j’affiche mon parti pris, les ados, je les trouve ADO … RABLES. Laissez-moi vous partager le regard d’émerveillement et de fascination qui m’habite par rapport à l’adolescence. C’est tellement une période riche, unique et précieuse dans la vie d’un être humain. Une étape courte, mais intense. Une période déterminante, dans le sens où, qui nous sommes et ce que nous vivons à l’adolescence va colorer profondément l’adulte que nous allons devenir. L’adolescence est une période de transition, un entre deux, situé entre l’innocence et la naïveté de l’enfance et la réalité de la vie d’adulte avec toutes les responsabilités qu’elle implique.

Dans cet entre deux, les ados ont une mission très importante à accomplir : se définir, se découvrir et s’affirmer. Ils ont devant eux un univers à construire : leur monde intérieur, leur personnalité, leurs valeurs, leurs rêves, leurs goûts, leur style, etc … L’adolescence, c’est l’affirmation fondamentale du J’EXISTE ! Un J’EXISTE, qui pour être authentique, se doit d’être unique, personnalisé et nécessairement différencié des parents. Tout un défi à relever !

Ce que je trouve de beau chez les ados, c’est leur bouillonnement de vie, leur pétillement, leur vitalité. Leur quête d’identité les amène à être des assoiffés d’authenticité et d’intensité. Ils sont en pleine expansion de leur être, à la recherche de leur espace, tant intérieur qu’extérieur.

Bien vivre son adolescence permet de se lancer gagnant dans la vie. Mais qu’est-ce que cela veut dire bien vivre son adolescence ? C’est d’abord posséder cette profonde conviction que l’adolescence est une période riche, belle et précieuse. À la poubelle la vision négative et stéréotypée que les ados sont des lâches, des drogués et en CRISE. Je ne dis pas qu’il y a un petit pourcentage qui passe par ce chemin douloureux et difficile, mais il faut bien se le redire, c’est une minorité.

L’adolescence est la période par excellence pour explorer et expérimenter. Se définir, se découvrir, se connaître. Dans cette quête de soi-même, à la découverte de qui on est vraiment, quelle belle occasion s’offre à eux d’expérimenter une multitude d’activités ( sportives, musicales, artistiques, amicales, familiales, etc …). C’est à travers ces expérimentations nécessaires et révélatrices d’identités que le jeune précise qui il est et par le fait même qui il n’est pas.

Vraiment, le bouillonnement de vie des ados me fascine et me séduit. Ils sont débordants de vie. L’image qui représente le mieux comment je les perçois, c’est une fontaine d’eau à la fois puissante et douce. Dans leur manière d’être, ils incarnent bien les interpellations du message de l’Évangile : Je suis venu pour que vous ayez la vie et que vous l’ayez en abondance. Et de la vie en abondance, ils en mangent ( au sens propre et figuré ).

Vous le sentez très bien derrière mes propos radicalement engagés du côté des ados, que je suis très loin de la formulation classique : la crise de l’adolescence. Bien sûr, les ados ne sont pas toujours reposants. C’est qu’ils ont l’art de flairer ce qui ne tourne pas rond chez nous, nos incohérences et les contradictions entre nos paroles et nos agir. Leurs confrontations ( pas toujours délicates, je le reconnais ) nous déstabilisent, nous bousculent et nous font parfois, pour ne pas être en contact avec ce qu’il y a de fragile et de blessé en nous, nous braquer encore davantage dans des positions rigides. Ce qui a pour effet, en général, de mettre encore plus d’huile sur le feu. En fait, si j’ose vous partager le fond de ma pensée, je me demande parfois qui sont en crise, les ados ou les adultes ?

Ainsi, les ados nous invitent à tourner notre regard vers nous-mêmes et à entreprendre un petit ménage intérieur. Et cela demande énormément d’humilité et de maturité pour accepter que ce soit nos chers ados … rables qui vont nous aider à continuer d’évoluer, de grandir et de guérir. Leur cheminement vers plus de vie et le meilleur d’eux-mêmes nous invite nous aussi à nous mettre en route et à cheminer.

Qu’est-ce que l’on peut faire comme parent ou comme adulte pour accompagner les ados dans leur quête d’eux-mêmes ? La meilleure chose que l’on puisse leur offrir, c’est qu’ils retrouvent devant eux des adultes solides, authentiques et significatifs. Des adultes cohérents, assez solides pour se laisser confronter en discernant les situations où il faut parfois réagir avec souplesse et parfois avec fermeté, selon les circonstances. Plus les ados vont sentir les adultes solides intérieurement, bien enracinés dans leur propre mouvement de vie, en fidélité avec leur vérité personnelle, plus nous allons être pour eux des guides et des modèles. Rappelons-nous que si les ados ont l’art de flairer nos incohérences et de nous les mettre en pleine face, ils ont aussi une grande sensibilité à apprécier notre authenticité et notre humanité ( c’est-à-dire, l’être humain que nous sommes devenus au fil de nos propres quêtes et conquêtes personnelles ).

Même si les ados sont au cœur d’un processus naturel et sain de se détacher de leurs parents et de s’attacher à leurs pairs, ils ont encore un grand besoin que l’on soit là à leurs côtés afin de les accompagner à conquérir, tout doucement, leur liberté et leur autonomie. Malgré les apparences, n’en doutez pas, vos ados … rables ont encore besoin de vous. De votre présence, de votre soutien, de votre écoute et de votre amour inconditionnel. C’est de votre qualité de présence et d’amour qu’ils s’alimentent afin de devenir pleinement eux-mêmes.

Normalement, j’ai une petite censure à donner des conseils, mais je fais une petite entorse à mes principes et je vous partage une réflexion qui me vient des propos que j’entends trop souvent des ados … rables. Ils déplorent et souffrent que leurs parents passent peu de temps avec eux et qu’ils ne s’intéressent pas vraiment à ce qu’ils vivent. Ils me partagent avec désolation que c’est très rare qu’ils ont la possibilité de parler en vérité, de cœur à cœur avec leurs parents. Je vous invite donc à vous réserver régulièrement des temps de qualité avec votre ado. En famille, mais aussi en tête-à-tête ( un repas au resto, une activité sportive, une escapade touristique, écouter SA musique, parler des heures, etc .) Continuez de développer un lien privilégié avec votre ado. Un lien de complicité. Pas dans une énergie d’autorité, de jugement, de moi dans mon temps, ou de il faut que tu comprennes que … mais dans une attitude de plaisir et de désir de se faire proche et de se mettre dans sa peau. Il est important de comprendre et d’accepter que votre rôle de parent a beaucoup changé comparé à l’enfance, mais que votre nouveau rôle est tout aussi important. Ils ont besoin que vous soyez des piliers solides et aimants, pour les soutenir dans cette étape essentielle et délicate de leur vie humaine. En résumé, ils ont besoin que vous les regardiez encore avec admiration et que vous les trouviez vraiment ADO … RABLES.

Linda Léveillée

Nos enfants nous font évoluer spirituellement

C’est avec simplicité et une certaine dose d’humilité que je vous partage mes réflexions sur l’immense privilège que nous avons d’accompagner nos enfants sur leur route de vie. D’entrée de jeu, j’affiche mes couleurs : nos enfants nous offrent, de par notre rôle de parent, des occasions exceptionnelles d’évoluer spirituellement et de devenir de meilleures personnes.

Donner naissance à un enfant ! Y a-t-il quelque chose de plus grand, de plus puissant, de plus magique que l’on peut vivre? Je crois que poser la question, c’est y répondre. À mon avis, il n’y a rien de plus sacré au monde. C’est l’ultime geste créateur que l’on peut poser comme être humain. Nous avons le pouvoir, entre nos mains, ou plutôt, dans nos corps, de créer la vie. Quel immense privilège et quelle responsabilité vertigineuse cela nous confère! Nous avons le pouvoir de créer une nouvelle vie. WOW ! J’oserais affirmer que dans ce geste créateur, nous ressemblons à Dieu ! Nous avons, nous aussi, hérité du cadeau inouï de créer la vie.

De toute notre existence, aucun engagement n’aura autant d’intensité et de conséquences que celui de donner naissance à un nouvel être humain. C’est la responsabilité la plus exigeante et la plus déterminante que l’on aura à assumer de toute notre vie. Aucun autre engagement ne lui est comparable. En donnant vie à un enfant, je pose un geste ultimement sacré, qui me fait ressembler à Dieu, et ce pouvoir créateur m’engage moi et la petite vie à naître pour … l’éternité ! Vraiment impressionnant ! C’est de la vie avec un grand V dont il est question ! Et de l’amour avec un grand A. Juste à prendre conscience de cette extraordinaire réalité, je ressens toute cette énergie sacrée. Elle me touche. Elle m’émeut. Elle m’émerveille.

S’il n’y a rien de plus beau et de plus grand au monde que de donner vie à un enfant, c’est important de vivre cette expérience avec le maximum de conscience et d’amour. En fait, c’est tout ce qui entoure le processus de création qui sort complètement de l’ordinaire de la vie. La relation sexuelle, la grossesse, l’accouchement, l’allaitement, les premiers mois (ou l’adoption, si c’est le cas) les premières années, l’enfance, l’adolescente et jusqu’à la vie adulte. Car la vie est sacrée. En être pleinement conscient, c’est tout faire pour la PROTÉGER, l’HONORER et la CÉLÉBRER. Pour nos enfants, bien entendu, mais aussi pour nous comme parents.

Et justement, quel est notre rôle de parent ? Offrir à nos enfants un AMOUR INCONDITIONNEL, jour après jour, dans chacune des situations et à chacune des étapes de leur vie. Les aimer tels qu’ils sont et non pas tels que nous voudrions qu’ils soient. Leur donner le droit d’être qui ils sont, dans toute leur unicité et leurs différences. Leurs couleurs et leurs vibrations propres. Être fiers de nos enfants et leur offrir inlassablement un regard d’émerveillement. Les protéger, les aider à grandir, les guider dans leur cheminement jusqu’à ce qu’ils soient prêts à s’élancer sur leur propre chemin de vie. Je me souviens, lorsque j’ai fait ma formation comme psychothérapeute, qu’on nous répétait invariablement à chacune des rencontres que le besoin le plus important de l’être humain c’est d’être vu, entendu, reconnu et aimé. Voilà ce que nous devons offrir inconditionnellement à nos enfants. Être là pour eux. Pour leur révéler l’immensité de la Beauté et de la Grandeur qui les habitent. Pour honorer la Grâce et la Lumière dont ils sont porteurs. Pour leur rappeler que leur Souffle est d’origine Divine.

Mais, faut-il l’avouer, malgré la dimension sacrée de la vie de nos chefs-d’œuvre, la relation parent-enfant n’est pas toujours facile. Pas plus d’ailleurs que la relation de couple. Pourquoi ? Parce que nous partageons le quotidien ensemble, nous vivons dans la même intimité. Par cette promiscuité du vivre-ensemble, nous sommes inévitablement confrontés au meilleur et au pire de nous-mêmes …. et de l’autre. Dans ce contexte de la vie commune, les heurts, les crises, les confrontations et les ajustements sont inévitables. C’est ici que notre métier de parent peut devenir difficile, confrontant et parfois même décapant. C’est précisément ici que la relation parent-enfant nous offre de grandes possibilités d’évoluer, de grandir et de cheminer. Car, je le répète, on exerce notre fonction de parent avec le meilleur et le pire de soi-même. On est parent avec tout notre amour, notre force et nos valeurs, mais aussi avec nos peurs, nos fragilités, nos limites et nos blessures. Cohabitent en nous ombres et lumières et c’est, entre autres, à ce niveau que nos enfants nous permettent d’évoluer. Ils sont des miroirs de nos états d’âme. Dans ce sens, ils nous HUMANISENT. Ils nous retournent à nous-mêmes. Ils nous permettent encore plus de développer notre conscience et notre capacité à nous remettre en question. Il n’y a pas que nos enfants qui grandissent, nous aussi. Être parent, c’est aussi s’accompagner dans les profondeurs de son être, de son authenticité, de sa propre humanité. Ce travail sur soi est extrêmement précieux et déterminant dans la relation que nous créons avec nos enfants. Car, il faut bien le dire, nos enfants retiennent de nous pas tant nos discours et notre bla-bla que ce que nous dégageons : notre cohérence et notre authenticité. La qualité de notre présence et de notre amour. Le métier de parent nous interpelle d’abord et avant tout au niveau d’un savoir-être. Et c’est au cœur de ce savoir-être que nous allons nous inspirer pour développer notre savoir-faire. Dans le cadre de la relation avec nos enfants, cette maxime s’applique à 100% : Ce que tu es parle si fort, qu’on entend plus ce que tu dis.

Les vingt années que nous passons à accompagner nos enfants, nous ramènent à l’essentiel. Prendre soin, avec toute la force de son âme de la relation d’amour inconditionnelle. De toute évidence, si nous sommes venus sur terre pour évoluer spirituellement, nos enfants jouent un rôle fondamental à cette évolution !

HOMMAGE À MES DEUX FISTONS

Je termine cet article avec un hommage à mes deux fistons, Philippe 21 ans et Emmanuel 17 ans. Depuis votre naissance et jusqu’à aujourd’hui, vous avez été une bénédiction dans ma vie. Que de bonheur j’ai eu à vous accompagner sur votre route de vie ! Que de complicité nous avons créée ensemble. Mais aussi, que de chicanes et de mises au point nous avons eues à faire, qui parfois vous sont apparues interminables. Avec toutes mes forces et mes limites, j’ai énormément aimé être votre mère. Mon expérience de maternité avec vous deux m’a grandement permis de grandir et d’évoluer. Vous avez été exactement les deux fistons parfaits qu’il me fallait pour guérir de profondes blessures de mon enfance. Je peux sincèrement dire que grâce à votre passage dans ma vie, je suis devenue plus épanouie, plus aimante et plus entière. Une meilleure personne. En fait, plus profondément humaine.

Je vous demande pardon si je n’ai pas toujours su honorer votre unicité et le sacré de la vie qui vous habite. J’ai fait de mon mieux avec ce que j’étais capable de vous offrir. Vous le savez, je partais de loin pour devenir une bonne mère. Le défi était colossal. De tout ce que j’ai accompli dans ma vie, je n’aurai jamais de plus belle réussite que la relation d’amour que j’ai créé avec toi Philippe et avec toi Emmanuel. Vous êtes ma plus grande fierté.

Dans cette nouvelle étape, qui me demande présentement beaucoup d’adaptation, où vous avez quitté la maison pour des études collégiales et universitaires, je suis très consciente que j’ai encore une autre fois une belle opportunité d’évoluer en expérimentant que mon amour maternel rime maintenant avec détachement et liberté. Si mon rôle de mère prend désormais une saveur différente, l’ouverture de mon cœur demeure totale et je ne me lasserai jamais de vous offrir ce regard d’émerveillement qui m’a tant comblée. Si vous m’avez demandé des milliers de fois quand vous étiez petits : Regarde-moi maman, pour que je sois complice de vos multiples prouesses, maintenant que vous êtes grands, vous n’avez plus à me demander de vous regarder. Mais sachez que mon regard sur vous deux sera à tout jamais empreint de cette profonde complicité aimante de mon cœur de maman. Merci du fond du cœur, Emmanuel et Philippe d’avoir été et d’être encore sur ma route de vie des CADEAUX !

P.S : Mes deux fistons vont découvrir et lire cet article en même temps que vous.

Linda Léveillée

Fuir ou accepter ?

Normalement, quand on écrit un article dans un journal, notre propos s’ajuste à l’actualité. Dans ce cas-ci, à la période des fêtes. Mais que voulez-vous, quand on s’appelle Linda Léveillée, on aime et on chérit notre liberté et notre autonomie, de même que notre petit côté marginal et notre élan créatif. Dans cette intention de demeurer fidèle à mon mouvement intérieur, l’article que je vous offre porte sur comment faire la paix avec nos blessures de vie et vivre nos souffrances avec plus de conscience.

Tous les êtres humains de la planète recherchent le bonheur et veulent éviter la souffrance. C’est d’ailleurs un des principes fondamentaux du bouddhisme. L’ensemble des grands courants spirituels vont aussi dans ce sens. On se sent tellement mieux quand notre existence baigne dans l’harmonie, l’amour et la joie. Et l’on souhaite tellement s’éviter d’avoir à affronter les problèmes et les lourdeurs de la vie. MAIS, et mon mais est important, la vie, la vraie vie est souvent bien différente des romans-fleuves qui nous laissent croire qu’ils vécurent heureux et eurent de nombreux enfants.

Comme le disait Scott Peck dans son célèbre volume : Le chemin le moins fréquenté, il faut composer avec cette vérité fondamentale que la vie est difficile. En quoi cette compréhension que la vie est difficile nous aide-t-elle à mieux vivre notre vie ? C’est que la prise en compte de cette réalité nous permet d’être davantage dans l’acceptation et l’accueil de ce qui est plutôt que de s’emmurer dans la résistance et le déni.

Le paradoxe avec nos blessures de vie et les souffrances qu’elles engendrent, c’est que plus on les nie et qu’on les fuit, plus elles font du ravage dans nos vies. Un ravage qui, dans un premier temps, se loge dans l’inconscient. En fuyant notre souffrance, on pense qu’on va aller mieux et que cela va nous aider à être plus heureux. Mais mon expérience comme thérapeute en relation d’aide me dit que c’est tout le contraire qui se produit. En apparence on a acheté la paix, mais juste en apparence. Si c’est tranquille à la surface de notre vie, ce que l’on a ravalé, nié ou fui se retrouve pris à l’intérieur de nous. Si vous me permettez l’image, c’est comme si on avalait de la pourriture, du poison. Qu’est-ce que ça fait par en dedans ? Ça contamine, ça rend malade, ça détruit.

Voici quelques-unes des conséquences quand on se coupe de nos blessures et de notre souffrance.
*On perd le contact avec une partie importante de son vécu. On se sent séparé et non plus unifié. On se prive ainsi d’avoir accès à sa pleine humanité. À la plénitude de son être. Ce chemin de fuite conduit souvent à une déconnexion spirituelle.
*On consacre une partie de son énergie à contenir ce que l’on a refoulé. Ce qui a pour conséquence de nous faire perdre une part importante de notre vitalité. De là vient fréquemment une fatigue chronique qui nous gruge et dont on ignore la provenance.
*On tend à adopter un comportement de protection et défensif. Dans nos relations, on peut facilement se sentir attaqué, ce qui nous amène à développer une position de contre-attaque.
*On développe une personnalité de survie, où c’est notre ego plutôt que notre âme qui dirige notre vie.
*On compense dans la consommation, le matérialisme et survalorisation de l’image. On risque aussi de sombrer dans les mécanismes de fuite (boisson, drogue, nourriture, passions excessives, comportements compulsifs, etc.)
*On perd partielle le contact avec la réalité, car on a balayé une partie de son vécu dans l’inconscient. Ce qui entraîne également une perte de connexion avec son authenticité et son expérience intime.

Même si cela demande beaucoup de courage, de volonté et de travail en profondeur sur soi, on a tous les avantages du monde à accueillir et à intégrer sa souffrance plutôt que de la nier et de la ravaler. «Ce que l’on fuit nous poursuit. Ce à quoi on fait face, s’efface».

Cette acceptation permet de passer de la peur à la confiance. De la fermeture à l’ouverture. Cette ouverture à ce qui est procure une plus grande sensation d’être vivant, de même qu’une vie plus gratifiante et un OUI au mystère de notre existence. On passe d’un état de victime à celui de créateur de sa vie. L’acceptation de sa souffrance avec conscience permet de quitter la prison de ses peurs pour récupérer son pouvoir sur sa vie et réaffirmer sa liberté d’exister. Ce qu’on y gagne de plus beau, c’est de vivre dans l’intimité aimante de son être, sans jugement sur ce qui est. Et le plus merveilleux de l’histoire, c’est que plus on est en paix avec soi-même, plus on est en paix avec les autres.

Question de ne pas être trop délinquante, si je reviens sur la thématique de Noël, quel beau cadeau à s’offrir et à offrir aux personnes avec qui nous partageons notre intimité, d’accepter la vie telle qu’elle est, avec ses vagues et ses heurts inhérents, dans une énergie de bienveillance et de conscience !

Linda Léveillée

La vie qui respire et qui bat

Quoi de mieux à l’approche de Pâques que de parler de la vie. De la vie que l’on porte en nous, au plus profond de notre cœur et de notre être. De celle qui est là comme une amie fidèle, toujours disponible et généreuse.

Comme entrée en matière, je vous propose un petit exercice tout simple. Celui d’écouter votre cœur. De vous arrêter quelques instants pour entendre ses battements. Je vous invite à déposer votre précieux journal temporairement juste pour prendre le temps d’écouter votre cœur. Oui, je sais, quand on prend son journal, c’est pour le lire et non pas pour le mettre de côté parce que l’auteure demande de faire un petit exercice de découverte. À vous de décider ce que vous voulez faire, mais j’ose quand même vous inviter à nouveau à prendre le temps de vous arrêter pour écouter votre cœur battre.

Ces battements de notre cœur font circuler la vie en nous. Sans que l’on ait besoin d’y investir notre volonté, notre cœur est là, bien en poste, fidèle et fiable partenaire de notre existence. Nos battements de cœur créent le mouvement, la vibration, la circulation dans toutes nos cellules. Chaque battement nous régénère, nous vitalise, nous maintient bien en vie. Notre cœur nourrit la vie en abondance en nous. Notre corps est ainsi en écho à cette interpellation christique : Je suis venu pour que vous ayez la vie et que vous l’ayez en abondance. Vraiment fascinant de réaliser qu’à chaque seconde, notre cœur est un moteur de production de vie en abondance. Quel beau cadeau !

Mais ce n’est pas tout, il n’y a pas que notre cœur qui fait de nous des êtres infiniment précieux parce que nous sommes VIVANTS ! Il y a aussi notre respiration qui contribue à ce miracle inouï de la vie. Bon, tant qu’à vous avoir dérangé une première fois au début de votre lecture pour écouter votre cœur, j’ose vous déranger à nouveau, mais cette fois-ci pour porter votre attention sur votre respiration. Oui, oui, je le sais, j’ai un côté « détestable » mais je m’assume. Prenez 2-3 minutes pour centrer votre attention sur votre respiration. Laissez-vous bercer par votre respiration, avec douceur et tendresse, dans un beau mouvement d’intimité avec vous-même.

Deuxième miracle dont je suis l’héritier-ère, la vie respire en moi. Et ça respire au-delà de ma volonté. Notre corps est génétiquement programmé pour maintenir la vie en nous. Nos battements de cœur et nos respirations sont nos plus grands repères de vie. Prendre le temps de s’y arrêter permet de BÉNIR et d’HONORER la VIE qui nous habite. De la vivre en pleine conscience. D’ajouter notre présence bienveillante à cette présence qui est là. De nous relier à cette force de vie exceptionnelle qui nous appartient à 100%. Juste à soi, en soi, pour soi ! Personne ne peut nous la ravir. Même dans nos périodes les plus difficiles et les plus souffrantes, cette vie est toujours là en abondance dans notre être. Prendre le temps de la contacter nous permet de nous y déposer et de nous ressourcer. D’être juste là avec Soi, dans la plénitude de la vie qui nous est offerte à chaque instant. C’est un peu cela la méditation, ne rien faire et se sentir plein, complet, entier. Se connecter à la plénitude de la vie qui nous habite est le meilleur antidote pour contrer le sentiment de solitude. Je ne suis pas seul-e. Et en plongeant encore plus profondément dans la force de la vie qui bat et qui respire en Soi, on peut faire l’expérience que dans son souffle, il y a un souffle qui est plus grand que Soi. Un souffle Divin qui nous berce et nous enveloppe d’amour. Sublime au cube de faire UN avec ce souffle Créateur ! L’ultime quête spirituelle !

P.S : Si vous n’avez pas encore fait les exercices d’écouter votre cœur et votre respiration, je vous invite à le faire à la fin de votre lecture, car vraiment c’est très agréable et ça goûte bon. En plus, c’est toujours disponible, ça ne prend pas de temps, ça fait beaucoup de bien et ça ne coûte rien !

Pour ajouter à votre plaisir de sentir la vie qui respire et qui bat en vous, je vous propose quelques éléments sur une technique de respiration qui est exceptionnellement efficace : la cohérence cardiaque. Cette respiration lente et profonde permet d’harmoniser le système sympathique (l’accélérateur) et le parasympathique (le frein) afin de nous aider à mieux gérer le stress dans nos vies et à rééquilibrer notre système nerveux. La technique consiste essentiellement à sentir que nous respirons à travers le cœur, comme si nous le bercions lentement et ce, à un rythme très précis. Six respirations et six expirations à la minute. Pour être plus efficace, la technique doit être pratiquée trois fois par jour, cinq minutes à la fois. C’est David Servan-Schreiber qui a davantage fait connaître cette technique en Amérique dans son volume d’une pertinence à « couper le souffle » : Guérir le stress, l’anxiété et la dépression sans médicament ni psychanalyse. Si vous voulez en connaître davantage sur la cohérence cardiaque, vous trouverez sur le Web de multiples informations. Cela vaut vraiment la peine de la pratiquer pendant plusieurs semaines pour en savourer les effets bénéfiques.

Quel cadeau précieux nous avons reçu à notre naissance, la vie qui respire et qui bat en nous ! S’y arrêter permet d’être davantage conscients de la beauté et de la grandeur de la vie qui nous habite et par le fait même de mieux habiter notre vie. Je vous souhaite de vivre le plus souvent possible ce coup de cœur d’amour avec vous-même. En plus, on n’en vend pas de cela chez Wall Mart mais vous, vous en fabriquez à chaque seconde ! Alors, profitez-en !

Linda Léveillée

La grâce en action ?

D’entrée de jeu, je vous partage une confession, oui, j’ai vraiment un parti pris pour l’Action de Grâces. En fait, de toutes les fêtes qui s’offrent à nous durant l’année, c’est ma préférée. La raison est fort simple, c’est, à mon avis, la seule fête qui n’est pas contaminée par la consommation. Il n’y a rien à acheter à l’Action de Grâces. WallMart n’en tire aucun profit. C’est une fête qui est demeurée pure et authentique. Je vous invite donc à redécouvrir l’Action de Grâces sous un regard neuf afin de redonner à cette fête tout son sens et sa valeur.

À l’origine, l’Action de Grâces est la fête des récoltes. Autrefois, les femmes et les hommes avaient une grande conscience que leur vie dépendait de la nature, des conditions météorologiques, de la fécondité de la terre. Cette conscience aiguë de leur dépendance vis-à-vis de la terre les a conduits à développer un lien très proche et respectueux de la nature. La terre est sacrée, on en prend bien soin et on la remercie en célébrant sa moisson et son abondance.

Aujourd’hui, on a perdu un peu de ce lien sacré à la terre. Et on sait à quel point cette perte de conscience de notre interdépendance à la nature a des conséquences environnementales tragiques. Tout est tellement technologiquement possible aujourd’hui, qu’on s’est un peu dénaturé. À la limite, on peut presque vivre dans l’illusion que nos fruits et nos légumes proviennent des supermarchés et que nous les humains nous sommes investis de la toute-puissance où tout nous est possible.

Et si l’on prenait une distance par rapport à cette dérive pour revenir à l’essentiel, pour redécouvrir autrement le sens de cette fête des remerciements et du lien sacré à la vie. Pourquoi ne pas profiter de l’Action de Grâces comme une occasion précieuse pour entrer dans l’énergie de la gratitude et de l’émerveillement. Et tant qu’à faire, en profiter aussi pour mettre un STOP à notre « chialage » habituel et à la place s’arrêter pour voir tout ce qu’il y a de beau et de bon dans notre vie.

Pour entrer dans cette belle énergie de gratitude et de célébration, je vous propose un petit rituel tout simple. Vous pouvez le faire seul-e, en famille ou entre amis-ies. Vous aurez besoin comme matériel d’une boîte d’œuf vide, de 12 bandelettes de papier d’environ 3/15 cm et d’un carton coloré plus ou moins la grandeur de la boîte d’œuf. Puis, vous prenez le temps de vous accorder un beau moment de présence à vous-même, dans l’intimité de votre être (méditation, recueillement, centration). Dans cet espace privilégié d’accueil de ce qui vous habite, vous laissez émerger 12 raisons que vous avez présentement dans votre vie de rendre grâce. Lorsque vous, vous sentez prêts, écrivez sur les bandelettes vos 12 raisons de rendre grâce. Vous collez ensuite chacune de bandelettes en rond de façon à imiter la forme d’un œuf et vous les déposez amoureusement dans votre « boîte à gratitude ». Pour compléter votre fantaisie hautement thérapeutique, je vous invite à écrire sur le grand carton, que vous allez coller sur votre boîte d’œuf, le thème du rituel que vous venez de vivre ( ex. mes 12 raisons de rendre grâce, je repars en neuf, merci la vie, mes gratitudes 2012, etc ). Si l’opération bricolage ne vous fait pas vibrer, vous pouvez le faire dans votre journal ou le secret de votre cœur. L’important, c’est d’entrer dans l’énergie de la gratitude.

Le verre d’eau ne sera plus à moitié vide, mais devient à moitié plein sous notre regard engagé vers le positif. Car il faut bien se l’avouer, ce ne sont pas les évènements en soit qui font que nous sommes heureux ou malheureux, mais bien plutôt ce que l’on fait avec. C’est notre attitude qui fait toute la différence. Plus je choisis d’entrer dans l’énergie de la gratitude et de l’action de grâces, plus j’apprécie la vie et je la trouve belle. J’entre ainsi dans un cercle vertueux où j’attire ce que je dégage. Vous voulez vous convaincre du pouvoir transformateur de la gratitude, faites-en l’expérience. Pendant une semaine, engagez-vous délibérément, avec beaucoup de discipline et de volonté, à ce que toutes vos paroles, vos pensées et vos actions soient dans le positif et la reconnaissance et vous serez en mesure d’apprécier l’énorme différence que cela fait dans votre énergie intérieure.

Que l’Action de Grâces devienne une fête où la grâce qui nous habite soit en action.

LindaLéveillée

VÉRITÉ ET MENSONGE

Question quiz pour entrer dans le vif du sujet. Est-ce que l’adage qui prétend que toute vérité n’est pas bonne à dire est selon vous, VRAI ou FAUX ?

Peu importe votre réponse, on est loin d’être dans un sujet neutre quand on parle de vérité et de mensonge. On a tous nos propres expériences et notre opinion sur ce sujet. Pour ma part, j’ai eu droit à un traumatisme à l’automne dernier lors d’une formation en synergologie (science qui étudie la signification des mouvements du corps), en apprenant l’ampleur du phénomène du mensonge dans nos sociétés occidentales. Voici, entre autres, ce que j’ai appris qui m’a fortement remuée. Même si théoriquement nous le dénonçons, nous avons une grande facilité à tolérer et même à nous complaire avec le mensonge. Il y a des avantages à croire à certains mensonges. La vérité est parfois trop dérangeante pour qu’on ait envie de l’entendre. Nous mentons en moyenne 18 fois à l’heure. Nous nous faisons mentir entre 10 et 200 fois par jour. Les hommes mentent huit fois plus que les femmes lorsqu’ils parlent d’eux-mêmes. Les femmes pour leur part mentent davantage pour protéger leurs proches. Les couples non mariés se mentent trois fois plus que les couples mariés. Ma légendaire naïveté a été mise à rude épreuve. Moi qui depuis mon enfance avais fait de l’authenticité ma valeur charnière, j’ai été sidérée de prendre la mesure de l’omniprésence du mensonge et par le fait même de notre complaisance à le tolérer, voir même d’en être parfois complice.

Je vais donc essayer de réfléchir avec vous sur pourquoi on ment autant et quels sont nos défis pour devenir plus vrais. Malheureusement, on doit reconnaître que notre société de consommation, basée sur l’image et le paraître nous conduit à nous accommoder facilement du mensonge. Notre hyper consommation nous fait baigner dans l’univers du faire semblant et de l’artificiel. D’ailleurs, la publicité qui nous fait croire qu’il faut posséder toujours davantage pour être plus heureux est par définition totalement mensongère. Elle nous maintient dans l’illusion et le déni. Elle réussit même à nous faire nous inventer des besoins. On fait semblant qu’on est heureux, pour faire comme les autres, pour plaire et se conformer aux standards sociaux, mais surtout pour nourrir notre égo qui a une soif insatiable de paraître et de reconnaissance.

Il y a dérive quand pour rassurer notre besoin de sécurité, les compagnies d’assurances, qui font des milliards de profits, nous convainquent que l’on doit absolument être assuré mur à mur. Il y a dérive quand on nous convainc que notre réussite sociale se mesure à la valeur de notre auto et de notre maison. Il y a dérive quand les produits de beauté sont essentiellement destinés à cacher, à camoufler, à mentir. Il y a dérive quand la publicité nous affirme que le Nutella est un excellent choix alimentaire pour les enfants au déjeuner.

Si notre société de consommation nous conduit irrémédiablement au mensonge, il faut bien reconnaître que l’être humain mentait bien avant l’arrivée des WalMart. Quelles sont les raisons qui nous incitent à mentir aux autres ? Fondamentalement, on ment pour se protéger. Pour protéger notre image qu’on veut maintenir belle et positive auprès de notre entourage. Le mensonge nous sert de cachette pour ne pas révéler des aspects de nous que l’on a occultés, car selon nous, les révéler pourrait nous faire perdre la face … et notre place. Au fond, c’est la peur d’être rejeté et de ne pas être aimé qui nous fait, la plupart du temps inconsciemment, agir avec inauthenticité. Cette peur de ne rien valoir et de se retrouver exclu est si viscérale qu’elle nous fait adopter la stratégie de « séduction » où l’on peut se maintenir toute une vie dans le mensonge, caché derrière l’image que l’on projette de soi, bien à l’abri derrière nos masques. Sans trop s’en rendre compte, ce pattern nous fait entrer subtilement dans un mécanisme de déconnexion de soi : le déni, le refoulement, la fuite, la justification, la rationalisation, la défensive, etc. Tous les moyens sont bons pour ne pas se rencontrer en vérité. Ainsi, on arrive à ne plus être capable de voir la réalité telle qu’elle est, on la déforme à partir du faux moi défensif qu’on s’est construit. Ce faux moi nous sert à nous protéger de nos blessures d’amour et de valorisation. On se coupe de notre senti, pour éviter de contacter ce qui fait mal. On se coupe de la souffrance que l’on a enfoui très loin … au point de ne peut-être même plus s’en souvenir.

Le grand danger de cette coupure d’une partie de soi, c’est qu’à trop baigner dans la fuite et le faire-semblant, on en arrive à se mentir à soi-même. À s’être pris tellement au sérieux derrière nos fausses images et nos masques, que l’on finit par se croire en ne sachant plus qui est la personne qui est derrière cette façade. On vit coupé de soi. Coupé de la partie la plus vivante et vibrante de soi. Coupé de son âme. On est devenu un personnage.

Heureusement, la BONNE NOUVELLE c’est que peu importe jusqu’où on s’est enlisé dans le paraître et l’éloignement de notre authenticité, notre ÊTRE est toujours là, intègre, dans toute sa beauté et sa grandeur et ne demande qu’à être révélé. Pour retrouver la richesse de notre vérité intérieure, c’est une vaste opération de décapage qu’il faut entreprendre. Enlever les unes après les autres les couches superficielles et fausses pour retrouver notre ESSENCE SACRÉE. Pour renouer le contact amoureux avec l’intime de son ÊTRE. Oui, vivre dans la vérité, c’est un grand acte d’amour pour Soi. Un grand défi, à la hauteur de notre nature spirituelle.

Si notre égo se complait dans le mensonge, notre âme elle, appelle à la vérité. Une vérité intérieure profonde où il y a une cohérence totale entre ce que l’on dit, ce que l’on fait et ce que l’on pense. On redécouvre le plaisir d’être soi-même dans toute sa liberté et son unicité. On goûte le bonheur d’ÊTRE, juste à RESPIRER et à vivre DEBOUT dans sa DIGNITÉ.

Je laisse ma conclusion à une parole d’Évangile, encore bien pertinente en 2014. « LA VÉRITÉ VOUS RENDRA LIBRES »

Linda Léveillée

1. Voir Mentir de Christine Gagnon et Christian Martineau. Éditions Propulsion. 2011

Le voyage intérieur

Vive l’été ! Vive les vacances ! Vive les voyages ! Vive la vie quand son rythme devient plus lent, plus zen, en fait, simplement un peu plus humain ! En cette période estivale, où la vie s’offre à nous davantage sous l’angle du plaisir et de la détente, je vous propose une réflexion sur une façon alternative de voyager. Un voyage qui n’est pas tant géographique, mais plutôt une quête vers soi-même. Un voyage intérieur.

Dans notre quotidien, il est facile de se perdre de vue. Tout va trop vite. On est trop souvent à la course pour assumer la charge de toutes nos responsabilités. La liste des choses à faire est interminable. C’est un des prix à payer de notre fameuse société de consommation : son rythme accéléré.

J’ai lu, il y a quelques années, dans l’introduction d’un volume de psychologie spirituelle, une phrase qui m’a marquée : On est pressé de vivre. Je me suis tellement retrouvée dans cette constatation. On court, on court, mais après quoi au juste ? Trop rares sont nos moments pour juste être et nous déposer dans l’instant présent.

Dans cette grande effervescence, et je dirais même étourdissement, dans laquelle on se sent parfois pris, il devient impératif et essentiel de s’accorder des moments pour se retrouver dans l’intimité de son être et habiter sa vie. Pour recréer le lien de complicité avec ce qui est vivant et ce qui vibre au plus profond de nous. Sinon, notre quotidien surchargé risque de nous voler ce qu’il y a de plus précieux : le lien avec notre âme et le sens de notre présence sur la terre. Et sans ce contact intime avec notre beauté intérieure, nos vies deviennent bien insipides et stériles, car elles se déroulent dans l’inconscience et l’automatisme. Nous devenons socialement conformes, mais spirituellement vides.

Ainsi, pour que vos vies baignent dans une belle présence aimante à soi-même, il nous faut à l’occasion quitter notre rythme accaparant du quotidien et nous offrir un voyage intérieur en solitaire. Un moment juste à soi, pour soi. Avec comme seule intention de se retrouver dans l’intime de son être. Les formes de cette solitude aimante et consciente peuvent être très variées, selon nos besoins et nos goûts. Balade en montagne, retraite de yoga ou de méditation, ermitage en silence, fin de semaine dans un endroit qui nous inspire, un voyage en solitaire, … L’important c’est de vivre ce voyage intérieur, peu importe sa destination, sa durée et sa forme, comme un moment privilégié de connexion à ce qu’il y a de plus beau et de plus grand en soi. Car, après tout, la seule personne avec qui nous allons passer toute notre vie, c’est nous-mêmes. Dans cette perspective, cela vaut la peine d’investir sur soi, car le voyage terrestre est plutôt long.

Au moment où j’écris cet article, je suis partie pour 10 semaines en Alaska : 6 semaines en solitaire dans un beau rendez-vous avec moi-même et 4 semaines avec mon amoureux. Ma vie a connu son lot d’épreuves et de défis dans les dernières années et j’avais un immense besoin de me retrouver. De recréer avec moi un lien de complicité bienveillante. De me rechoisir. De prendre soin de moi. De guérir. De faire la paix. De pardonner. En fait, de redonner du Souffle et de la Liberté à JE SUIS. Avant mon départ, au début de juin, je répétais à mon entourage ( qui me trouvait bien particulière de partir si longtemps et si loin seule ) que je partais en retraite intérieure. En pèlerinage avec moi-même. Que j’avais un urgent besoin de m’investir dans ma quête de sens et d’amour.

Je vous souhaite sincèrement d’oser ce voyage intérieur, peu importe la forme que vous lui donnerez. Les retrouvailles avec soi-même sont un vrai délice, car elles nous permettent de nous remémorer pourquoi on est venu sur la terre. Bon rendez-vous avec vous-même.

Linda Léveillée

Je pense, donc je suis ou je suis ce que je pense

Je vous avais déjà dit que je suis allergique aux quétaineries. Toutes les sortes de quétaineries. J’ai beaucoup de difficulté avec tout ce qui est superficiel et artificiel. En fait, avec tout ce qui sonne faux. Genre les messages préfabriqués qui circulent sur Internet ou les petites phrases clichés qu’on glane par-ci par-là et qui ne veulent rien dire.

Il y a quelques mois, en allant chez une amie qui m’a rendu un grand service, j’ai lu sur son mur un de ces genres de petits textes qui déclenche normalement mon allergie aux quétaineries, mais cette fois-là, j’ai été séduite. Vraiment séduite. Au point d’en faire le sujet de cet article.
Voici ce texte qui a interpellé mon cœur, puis mon esprit et qui a fait vibrer mon âme tellement les vérités qui y sont énoncées sont fondamentales et irréfutables.
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Prends soin de ta pensée parce qu’elle deviendra des MOTS.
Prends soin de tes mots parce qu’ils deviendront des ACTIONS.
Prends soin de tes actions parce qu’elles deviendront des HABITUDES.
Prends soin de tes habitudes parce qu’elles deviendront ton CARACTÈRE.
Prends soin de ton caractère parce qu’il formera ton DESTIN.
ET TON DESTIN SERA TA VIE.

Stop. Avant de continuer à lire l’article, qui ne se veut qu’une frileuse réflexion sur cette affirmation fondamentale, relisez l’encadré bien lentement, en respirant tout doucement et laissez chacune des 6 phrases vous séduire et vous révéler sa vérité.

Quelle façon élégante et percutante de se faire dire qu’on est responsable de créer notre malheur ou notre bonheur ! Je suis certaine qu’on est tous d’accord avec cette affirmation, tellement elle est pleine de gros bon sens. Par contre, la mettre en pratique dans le quotidien de nos vies, c’est toute une autre histoire. Trop facilement on tombe dans la victimisation, les accusations, les justifications et les éternels «sta cause de …». On se laisse facilement tomber dans le piège de se comporter en victime et de subir ce qui nous arrive. C’est bien plus facile d’accuser les autres de ce qui nous arrive que de tourner notre regard vers nous-mêmes. Vous connaissez peut-être cet adage qui dit que lorsqu’on accuse les autres en les pointant du doigt, il y en a trois qui pointent vers nous ?

Cela veut dire quoi de tourner son regard vers soi ? C’est d’abord de regarder avec honnêteté et bienveillance ce qui m’appartient. C’est prendre conscience de la loi de l’attraction. C’est-à-dire que, dans la vie, je récolte ce que je sème. Autrement dit, ce sur quoi je porte mon attention se manifeste. J’attire ce que je dégage. Mes vibrations, négatives ou positives, créent la réalité. Quand nous prenons profondément conscience de cette vérité fondamentale de la loi de l’attraction qui révèle que l’on récolte ce que l’on sème, cela transforme complètement nos manières d’agir et d’être. L’extérieur ne devient plus une menace, mais un miroir de mon intérieur. On passe alors du rôle d’être spectateur de vos vies à celui d’en être pleinement acteurs. On quitte l’attitude de la victimisation pour assumer nos choix et nos responsabilités.

Le fameux livre LE SECRET, qui a connu un succès fulgurant il y a une dizaine d’années, portait cette même affirmation fondamentale de la loi de l’attraction. Le secret, c’est de travailler sur nos pensées et nos émotions afin de transformer la réalité. Notre réalité. Le secret, c’est de prendre la pleine conscience que je suis créateur, créatrice de mon existence. Malheureusement, la tonalité autour du livre LE SECRET était, à mon avis, trop marqué par la culture américaine dans ses excès et son matérialisme à outrance et pas assez inscrite dans une perspective spirituelle. L’intuition était bonne, mais contaminée par le capitalisme. On misait plus sur l’avoir que sur l’être.

Le secret, comme le dit l’affirmation dans l’encadré, c’est de porter mon attention sur mes pensées, car elles deviendront mes mots, puis mes actions, puis mes habitudes, puis mon caractère, puis le destin de ma vie. En fait, si je veux vivre ma vie dans sa pleine mesure, je dois à l’occasion me transformer en archéologue de mon propre monde intérieur et partir à la recherche de mes vestiges cachés. Je m’explique. Nous avons tous eu au cours de notre vie (particulièrement durant notre enfance) des blessures, petites ou grandes, qui nous ont marqués. Pour nous protéger de nos blessures, nous en avons tiré des conclusions. Conclusions qui se sont cristallisées au fil du temps en croyances.

C’est ici que notre travail d’archéologue prend toute son importance, car la grande majorité des croyances qui dirigent notre vie sont fondées sur l’évitement de la souffrance reliée à nos blessures. Nos croyances nous servent de mécanismes de survie. On les a adoptées inconsciemment pour se protéger de ce qui nous faisait trop mal. Si, par exemple, je suis convaincue que la vie est injuste et qu’il ne m’arrivera rien de bon, ou que je ne mérite pas d’être aimée ou encore que les autres ont plus de valeur que moi, dans mon travail d’excavation intérieure, je dois aller en profondeur rejoindre la racine de ces croyances, que je qualifierais d’irrationnelles et d’erronées, pour me poser la question suivante: qu’est-ce qui se cache derrière ces croyances malsaines ? Je risque bien, si mes talents d’archéologue sont bien affutés, de toucher à une ou des blessures primitives d’amour, de rejet, de trahison, d’injustice ou d’abandon. Et le fait de déterrer de vieilles blessures enfouies me permet de mieux comprendre certaines de mes manières d’agir ou de réagir dans ma réalité d’adulte d’aujourd’hui, qui sont inadéquates ou disproportionnées. Si je veux donc transformer mes croyances malsaines en croyances libératrices, je dois prendre soin de mon enfant intérieur avec bienveillance pour l’aider à guérir de ses traumatismes. Ce travail archéologique de restauration me permet de retrouver mon pouvoir sur ma vie et ma liberté d’exister dans le meilleur de mon être. Et de m’offrir ainsi un destin merveilleux !

Si le philosophe Descartes affirmait en 1641, avec toute sa rationalité : JE PENSE, DONC JE SUIS, je crois qu’aujourd’hui notre quête spirituelle comme humanité nous fait plutôt affirmer avec conscience : JE SUIS CE QUE JE PENSE. Alors, si je veux que mon JE SUIS soit d’une grande qualité et que mon J’EXISTE soit lumineux, je dois porter attention à mes paroles, mes gestes, mes attitudes, et mes croyances pour que ma vie vibre de bonheur et d’amour et qu’elle soit le reflet de la beauté et de la grandeur de mon âme ! C’est cela mon destin !

Linda Léveillée

Offrir la bienveillance en cadeau

La période des fêtes est certainement un des temps privilégiés dans l’année où nos cœurs vibrent au don, où nos mains s’ouvrent à la générosité face à l’autre, que cet autre soit un proche ou un inconnu. En cette période de surabondance, nous ressentons l’élan d’en faire déborder un peu sur les gens autour de nous. Et tant mieux qu’il en soit ainsi, cela nous permet de garder vivante notre humanité et notre solidarité face à l’être humain.
Par contre, question de faire un petit pas de plus dans ce beau mouvement d’ouverture, je vous propose une version alternative, et plus spirituelle, à cette générosité de cadeaux et de dons matériels.

Voici d’abord une histoire inspirante qui va vous conduire vers une autre vision.

Quelqu’un vient un jour trouver un grand philosophe et lui dit :

Sais-tu ce que je viens d’apprendre sur ton ami ?
Un instant répond le philosophe. Avant que tu me racontes, j’aimerais te faire passer un test, celui des 3 passoires.

Les 3 passoires ?
Mais oui, reprit le philosophe. Avant de me raconter toutes sortes de choses sur les autres, il est bon de prendre le temps de filtrer ce que l’on aimerait dire.

C’est ce que j’appelle le test des 3 passoires.

LA PREMIÈRE PASSOIRE EST CELLE DE LA VÉRITÉ.
As-tu vérifié si ce que tu me dis est vrai ?
Non. J’en ai simplement entendu parler …
Très bien. Tu ne sais donc pas si c’est la vérité.
Essayons de filtrer autrement en utilisant une deuxième passoire.

LA DEUXIÈME PASSOIRE EST CELLE DE LA BONTÉ.
Ce que tu veux m’apprendre sur mon ami, est-ce que c’est quelque chose de bon ?
Ah non ! Au contraire.
Donc, continua le philosophe, tu veux me raconter des choses méchantes sur mon ami et tu n’es même pas certain si elles sont vraies.
Voyons si tu vas réussir le test, car il reste une dernière passoire.

LA TROISIÈME PASSOIRE EST CELLE DE L’UTILITÉ.
Est-il utile que tu m’apprennes ce que mon ami aurait fait ?
Non. Pas vraiment.
Alors, conclut le philosophe, si ce que tu as à me raconter n’est ni vrai, ni bien, ni utile, pourquoi vouloir me le dire quand même ?

Je me souviens que la première fois que j’ai lu cette histoire, j’ai été séduite. Séduite par sa simplicité, mais aussi par son caractère radical, presque lapidaire. Le message est très clair. Si ce que tu as à dire sur les autres ne vient pas de ton cœur et n’est pas empreint d’une grande bonté, ferme là. Ici, le silence est un acte d’amour. Tout comme le proverbe selon lequel il faut tourner sa langue 7 fois dans sa bouche avant de parler. Cette rotation linguale est aussi un préliminaire à l’amour.
L’intention de cette nécessaire introspection est de prendre conscience du poids de nos paroles. Celles-ci peuvent être autant nourrissantes que dévalorisantes, constructives que destructrices. Porteuses de vie ou génératrices de mort. Je sais que j’y vais fort lorsque j’ose dire que nos paroles peuvent amener la mort, mais il en va ainsi de tous nos jugements, ceux qui sont exprimés ouvertement et même ceux qui restent dans le non-dit, car ils se ressentent tout autant et font aussi mal. Le regard assassine autant que les mots.
Il faut travailler très fort sur soi-même pour résister à cette tentation, oh combien tentante, de critiquer et d’étiqueter l’autre qui est différent de nous, de le juger parce qu’il ne pense pas et n’agit pas comme nous. Faut-il bien se le redire, en général, on juge les autres en proportion de comment on se juge soi-même. Dit autrement, plus notre regard sur nous-mêmes devient bienveillant et tendre, plus nous sommes capables d’offrir aux personnes qui nous entourent ce même regard de douceur et de bonté. C’est là, me semble-t-il, une de nos plus grandes raisons d’exister comme êtres humains : devenir des êtres plus aimants, empreints d’une grande compassion face à nous-mêmes et à tous nos semblables.

Comment diminuer considérablement et, ultimement, mettre fin à cette tentation malsaine (tant pour soi que pour les autres) qui nous amène trop souvent à critiquer et juger ? Un moyen aidant pour y parvenir, c’est de prendre le temps de se mettre dans la peau de l’autre. Quand on fait cet effort, cela nous permet de mieux voir et de mieux comprendre le point de vue de l’autre, ce qui a pour avantage de faire fondre nos préjugés comme de la glace au soleil. Un autre truc est d’appliquer la maxime populaire qui dit de ne pas faire aux autres ce que l’on ne voudrait pas qu’on nous fasse. Car, il ne faut surtout pas perdre de vue que le besoin le plus fondamental de l’être humain c’est d’être vu entendu, reconnu, apprécié et aimé. On carbure à l’affectif ! On se nourrit de reconnaissance. Satisfaire ce besoin viscéral est bon tant pour soi-même que pour les autres. C’est ce que l’Évangile nous rappelle d’une façon très simple : Ne juge pas et tu ne seras pas jugé. Ce n’est pas d’hier que l’être humain est appelé à une élévation de son ÊTRE qui le propulse vers le haut et non pas vers le bas. Vers l’amour et non pas vers la condamnation. Vers l’union et non pas vers la séparation.
Et si, en cette période des fêtes, j’offrais en cadeau ma bonté de cœur et mon regard de bienveillance sur les gens qui m’entourent ? Et si je choisissais, avec conscience, que les mots qui sortent de ma bouche soient empreints de tendresse et d’un grand souci de prendre soin des autres ? C’est peut-être cela la Bonne Nouvelle qui nous a été annoncée et qui continue encore d’être vivante aujourd’hui : OFFRIR EN CADEAU LA BIENVEILLANCE !

Linda Léveillée